Discours d’Al-Burhan, questions d’actualité et recommandations du Forum des médias

Avant le crépuscule

 

Dr. Abdel Malik Al-Naeem Ahmed

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

La rencontre du général d’armée Abdel Fattah al-Burhan, président du Conseil de souveraineté et commandant en chef des forces armées, avec la délégation de professionnels des médias et de journalistes nationaux et internationaux ayant participé au Forum des médias à Khartoum, s’est tenue jeudi après-midi dans la salle de réunion du Commandement général. Il s’agissait d’une rencontre exceptionnelle de son lieu — qui abritait sa première réunion après avoir été le théâtre d’opérations militaires avant sa libération et l’expulsion des rebelles et des mercenaires de ses cours — et de par la transparence du discours. Ce dernier a détaillé tout le déroulement de la bataille avant la libération de Khartoum, les stratégies de libération, jusqu’à la sortie du commandant lui-même, accomplie par miracle et avec une immense habileté de l’aviation militaire et des opérations de camouflage, contrairement à ce que propagent les médias de la milice prétendant que le commandant se réfugiait dans un sous-sol.

Le commandant dirigeait lui-même les batailles de libération de Khartoum, après que plus de trente-cinq membres de sa garde rapprochée ont sacrifié leur vie pour protéger la patrie. Il a été couvert des larmes de tristesse pour ces martyrs, au point que la salle a éclaté en applaudissements face à cette posture, et que de nombreuses larmes ont coulé à cet instant.

La libération de Khartoum et l’écrasement de la rébellion n’ont pas été une tâche facile dans ces circonstances où le nombre de combattants de la rébellion dépassait les cent mille, face au nombre modeste des forces armées qui n’étaient pas initialement en état de préparation à la guerre. Cependant, ce fut la volonté de Dieu, ainsi que la force, la détermination et la bravoure des forces armées.

Les conditions étaient extrêmement dures, et les combattants au Commandement général, au Service médical et au Génie militaire ont manqué de tout, même du strict minimum pour subsister, au milieu d’un refus manifeste de la part de nombreux pays de fournir aide et assistance à l’armée, même pour ses besoins essentiels. Les officiers, les soldats et les combattants se sont nourris des feuilles d’arbres avant que le commandement militaire ne réussisse à parachuter des vivres et des fournitures, en fabriquant lui-même les outils de largage dans ces circonstances.

L’approvisionnement des Forces de soutien rapide par les Émirats arabes unis n’est pas récent après le déclenchement de la guerre, mais l’a précédé, comme l’a avoué Mohammed ben Zayed. Il a confirmé que leur soutien à la milice des Forces de soutien rapide aux dépens du soutien à l’armée nationale ne s’arrêterait jamais, ce qui s’est effectivement produit tout au long de la période de la guerre et jusqu’à ce jour, sans pudeur ni honte, et au vu et au su du monde entier.

Le général Abdel Fattah al-Burhan s’est exprimé avec une grande transparence et une certitude absolue, affirmant qu’il n’existe aucun type de contact avec « Sumoud », la « Coalition des forces civiles (Gahat/Tagaddum) » ou d’autres groupes soutenant la rébellion, contrairement à ce qu’ils prétendent dans leurs déclarations. La libération de l’ensemble du territoire soudanais de cette milice et de ces mercenaires est aujourd’hui l’unique objectif et la priorité absolue à l’ordre du jour du commandement, que les forces armées et leurs alliés s’emploient à réaliser.

Toute trêve proposée repose sur trois éléments fondamentaux : le retrait de la rébellion de toutes les zones qu’elle contrôle, son regroupement dans des camps prédéfinis, son désarmement, puis l’examen des autres arrangements sécuritaires.

L’affirmation du président Al-Burhan selon laquelle il n’y a pas de place pour la présence des Forces de soutien rapide dans la vie politique et militaire soudanaise à l’avenir constitue un puissant message de réassurance. Il n’y a absolument aucune crainte quant au retour des nombreux dissidents des Forces de soutien rapide qui se sont rendus à l’armée récemment ou de ceux qui sont en passe de le faire. Tout discours sur le partage des postes de pouvoir et des richesses pour ceux qui portent les armes ne fait plus partie, après cette guerre, de l’ordre du jour des négociations ni ne constitue un moyen d’obtenir des gains politiques.

Le commandant en chef a réaffirmé que les urnes électorales sont le seul moyen d’accéder au pouvoir, et que le commandement cherche désormais, après la libération de l’ensemble du territoire national, à créer le climat approprié pour la tenue d’élections une fois que les forces politiques auront réorganisé leurs rangs internes.

Les messages des journalistes et professionnels des médias adressés au président Al-Burhan lors de cette rencontre étaient clairs et exprimés avec une haute transparence. Le premier était de ne pas compter sur la communauté internationale et de ne pas céder à ses menaces répétées qui ne sauraient nuire à personne, le Soudan ayant de nombreuses expériences avec elle.

Toutes ses décisions prises auparavant sont restées lettre morte, l’interdiction d’entrée des armes et des vols militaires au Darfour, qui ne s’est jamais concrétisée, n’en étant qu’un exemple. Le message au président était donc d’empoigner les choses avec fermeté et de ne pas se soucier de ce qu’ils disent tant qu’il est dans son droit. Le deuxième message était que le président ne doit pas rester à l’écart du dialogue inter-soudanais dont les préparatifs ont commencé, étant donné qu’il est le président et le commandant en chef incarnant la souveraineté de l’État et du pouvoir.

Ensuite, la nécessité de demander des comptes aux politiciens pour ce qu’ils disent et ce qu’ils font s’ils s’écartent des constantes nationales, car ils ne sont pas au-dessus de la loi. Enfin, accorder une attention particulière au citoyen, à sa nourriture, sa boisson et à tous ses besoins essentiels, à la lumière de la faible performance du gouvernement « d’Al-Amal » (l’Espoir) qui, malgré les efforts fournis, n’a pas encore répondu aux besoins fondamentaux du citoyen ayant tout sacrifié et continué de soutenir les forces armées dans la bataille de la dignité.

La rencontre du président avec les professionnels des médias et les journalistes a été exceptionnelle par sa clarté et sa haute transparence. L’enjeu réside désormais dans la mise en œuvre des recommandations du forum remises au président, lesquelles sont le résultat d’un atelier de travail qui s’est étalé sur quatre jours avec des discussions approfondies sur les enjeux des médias et la nécessité de les développer de manière adaptée aux exigences de la phase actuelle.

Il a été convenu de former un comité chargé de suivre l’exécution de ces recommandations et de les concrétiser sur le terrain afin d’atteindre les objectifs du forum et de répondre aux besoins de la patrie, considérant que la bataille se mène aujourd’hui par les armes sur le terrain, et par la plume et l’éloquence dans l’espace médiatique.