Hemedti se déplace à (moto) et change de résidence 7 fois par crainte des raids de l’armée

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Les frappes aériennes intensives et consécutives menées par l’aviation militaire soudanaise sur des positions stratégiques de la milice des Forces de soutien rapide à Nyala, capitale du Sud-Darfour, ont provoqué un état de confusion et de panique au sein des dirigeants et officiers de la milice ainsi que des figures politiques qui lui sont liées, les poussant à évacuer leurs résidences officielles et à fuir vers des sites alternatifs par crainte d’être ciblés.

Selon des informations d’investigation documentées par l’écrivain spécialisé dans les affaires du Darfour Ayman Sharara, le commandant de la milice, Mohammed Hamdan Dagalo, a été contraint de changer sa résidence secrète plus de 7 fois au cours de la période récente, à titre de mesure de précaution après chaque raid aérien.

Les informations ont indiqué que les mesures de camouflages sont allées jusqu’à l’utilisation de motos pour les déplacements à la place des véhicules militaires et blindés, dans le but d’échapper au suivi et au repérage aérien.

Les récents ciblages ont touché des infrastructures et des installations techniques sensibles de la milice dans la ville, dont la plus notable est un bâtiment réservé à l’hébergement des opérateurs de drones dans le quartier de l’Aéroport, ce qui a entraîné la mort de 3 techniciens.

De même, un bâtiment résidentiel dans la  rue de l’Aéroport, à proximité du Commandement Ouest, utilisé pour loger des officiers de la milice et des experts étrangers collaborant avec elle, a été bombardé.

Une frappe aérienne ciblée a également visé une installation de raffinage et de traitement de l’or dans la nouvelle Zone Industrielle, à l’est du marché aux bestiaux et au nord du quartier des Usines, provoquant la mort de 7 éléments de la garde et de la sécurité.

Ces ciblages se situent dans le prolongement de frappes antérieures ayant touché le marché aux bestiaux, le quartier des Usines et le siège des systèmes d’information appartenant à la milice. En réaction rapide aux pertes successives, le commandement des Forces de soutien rapide a émis des circulaires urgentes à l’intention de ses officiers, les mettant en garde contre le fait de rester dans des sièges connus et insistant sur l’interdiction de tout rassemblement à l’intérieur des sites officiels.

Selon Sharara, les systèmes de repérage et de contrôle appartenant à la milice font face à d’extrêmes difficultés et à une incapacité technique à empêcher les avions d’atteindre leurs cibles avec précision, malgré leur capacité à détecter à l’avance certaines menaces aériennes. Les sources ont confirmé que les récentes frappes ont provoqué une paralysie des opérations techniques et financières, sans toutefois entraîner jusqu’à présent la mort de dirigeants de premier rang de la milice.