Al-Aaysir appelle le Conseil des ministres arabes de l’Information à adopter une position ferme face aux attaques de la milice des Forces de soutien rapide

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

 

Le ministre de la Culture, de l’Information, des Antiquités et du Tourisme, M. Khalid Al-Aaysir, a appelé le Conseil des ministres arabes de l’Information à adopter une position arabe claire et ferme face aux attaques menées par la milice des Forces de soutien rapide (FSR) contre le Soudan depuis le territoire éthiopien, et à condamner toute ingérence, implication ou soutien financier, militaire ou logistique de nature à déstabiliser le pays et à attiser la guerre.

Dans son discours prononcé lors de la 56ᵉ session des réunions du Conseil des ministres arabes de l’Information tenue au caire, Al-Aaysir a demandé à la Ligue des États arabes d’adopter des positions sérieuses et responsables pour mettre fin à l’implication des pays qui soutiennent la milice, et d’œuvrer à la protection du peuple soudanais ainsi qu’à la préservation de sa sécurité et de sa stabilité, soulignant que le sang qui coule parmi les enfants du Soudan est un sang arabe, et que la douleur soudanaise est une douleur arabe.

Le ministre a lancé un appel à la voix de la raison au sein des pays arabes impliqués dans le soutien à la milice pour qu’ils lui retirent leur appui, insistant sur la nécessité de se conformer aux principes et à la charte de la Ligue des États arabes, au premier rang desquels le respect de la souveraineté des États, de leur intégrité territoriale et la non-ingérence dans leurs affaires intérieures.

Al-Aaysar a souligné l’importance pour les médias arabes de jouer un rôle plus efficace dans la transmission de la réalité de la situation au Soudan, en mettant en lumière les souffrances de son peuple ainsi que ses aspirations à la sécurité, à la paix et à la stabilité, loin de toute sélectivité, désinformation ou réduction de la crise. Il a appelé à faire face au discours de haine et à ce qui vise le tissu social soudanais, à soutenir l’unité du pays, sa souveraineté et son intégrité territoriale, et à appuyer les efforts visant à mettre fin à la guerre et à engager la reconstruction.

Il a indiqué que la bataille de la prise de conscience n’est pas moins importante que les batailles politiques, sécuritaires et économiques, à la lumière de la propagation de la désinformation, des rumeurs, des campagnes organisées et du ciblage des sociétés à travers les plateformes numériques, ce qui exige la construction d’un média arabe professionnel et digne de confiance qui équilibre liberté d’expression et responsabilité sociétale, et qui met à profit la technologie et l’intelligence artificielle tout en préservant les valeurs professionnelles et éthiques.

Il a insisté sur la nécessité d’élaborer une stratégie médiatique arabe unifiée pour faire face au terrorisme, à l’extrémisme et à la désinformation, et pour contrer la domination des grandes entreprises sur l’espace numérique, contribuant ainsi à immuniser les esprits des jeunes, à protéger les sociétés et à renforcer la présence du contenu arabe à l’échelle mondiale. Il a appelé à passer d’une solidarité arabe de discours à un plaidoyer pratique et à des positions actives, affirmant l’interdépendance du destin des pays arabes et précisant que la sécurité de chaque pays arabe est le prolongement de la sécurité de ses frères.

Al-Aaysir a rappelé le rôle historique du Soudan dans le soutien à l’action arabe commune, citant en exemple l’accueil par Khartoum du sommet de 1967, connu sous le nom du sommet des  trois non, qui a constitué une étape marquante dans le parcours de la solidarité arabe, soulignant que l’évocation de cette expérience confirme le besoin de réviser les mécanismes de l’action arabe et de passer de positions traditionnelles à un soutien effectif.

Le ministre a formulé des propositions pour développer le travail médiatique arabe, comprenant le renforcement de la coordination médiatique, la réponse conjointe aux crises, la lutte contre les campagnes de désinformation, l’élargissement des partenariats entre les institutions médiatiques, l’échange d’expertises, la formation et la production conjointe, en plus du développement des compétences dans les médias numériques et l’intelligence artificielle ainsi que le renforcement de la diffusion du contenu arabe dans le monde. Il a également appelé à ancrer un journalisme professionnel et humain dans la couverture des conflits, la protection des droits des victimes et la lutte contre la haine et l’incitation, tout en renforçant la coopération entre les agences de presse, les radiodiffusions, les télévisions et les institutions de presse arabes.

De plus, il a prôné le soutien à la presse écrite et aux médias traditionnels en trouvant des solutions garantissant la pérennité de leurs institutions et leur accompagnement de la transition numérique tout en préservant leur crédibilité. Il a affirmé l’importance d’activer le code de déontologie des médias, de développer le plan d’action médiatique arabe à l’étranger à travers un discours stratégique unifié et percutant, et d’accorder aux justes causes arabes l’attention médiatique qu’elles méritent tout en défendant les droits des peuples arabes et leurs aspirations légitimes.

Al-Aaysir a renouvelé l’appréciation du Soudan pour le soutien arabe et pour les efforts des pays frères dans la transmission de la vérité sur ce qui se passe dans le pays et la défense de ses intérêts au sein des instances régionales et internationales, transmettant les salutations des dirigeants du pays et leur confirmation de l’importance de renforcer la coopération arabe et de protéger l’unité des rangs.

Il a affirmé l’engagement du Soudan en faveur de l’action arabe commune, expliquant que ses aspirations dépassent la solidarité imposée par les circonstances de l’épreuve actuelle pour s’orienter vers la construction d’un partenariat arabe durable qui respecte la souveraineté des États, préserve leur unité et soutient leurs peuples dans les moments difficiles. Le ministre a conclu son discours en insistant sur la nécessité de passer de la diplomatie des communiqués et des politesses à la diplomatie des positions et des réalisations, de la solidarité comme slogan à la solidarité comme pratique, et de la dispersion des efforts à la construction d’une force arabe conjointe qui protège les intérêts et préserve l’avenir des générations.