Nations Unies : 880 morts au Soudan alors que la guerre entre dans une nouvelle phase plus sanglante

 

 

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Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a condamné l’utilisation  croissante  de drones au Soudan, confirmant que 880 civils ont été tués entre janvier et avril de cette année par des frappes aériennes de drones.

Dans un communiqué de presse publié par son bureau ce lundi 11 mai 2026, transmis à Ultra Sudan, M. Türk a mis en garde contre l’intensification et l’extension de la violence dans les semaines à venir, ce qui pourrait entraîner de nouveaux déplacements de population et perturber les flux d’aide vitale.

Les drones fauchent la vie des civils

Selon le communiqué, basé sur les conclusions de l’équipe du Bureau chargée du Soudan, les frappes de drones ont causé la mort d’au moins 880 civils, soit plus de 80 % du total des décès de civils liés au conflit entre les mois de janvier et avril de cette année.

Le Haut-Commissaire a ajouté : « Les drones armés sont désormais la cause principale et directe des décès de civils, devançant de loin toutes les autres causes. »

Il a poursuivi : « Cette dépendance accrue aux drones permet la poursuite des hostilités sans répit à l’approche de la saison des pluies, qui entraînait auparavant une accalmie dans les opérations terrestres. » Il prévoit une intensification des hostilités dans les semaines à venir, alors que les parties cherchent à acquérir ou à renforcer leur contrôle territorial dans un contexte de dynamique de conflit changeante. Cela menace d’étendre davantage les combats aux États du centre et de l’est, avec des conséquences mortelles pour les civils dans de vastes zones.

Türk a ajouté : « On ne doit pas laisser cela se produire. La communauté internationale est désormais face à une mise en garde claire : à moins qu’une action ne soit entreprise sans délai, ce conflit est sur le point d’entrer dans une phase nouvelle et encore plus sanglante. »

  1. Türk a appelé à l’adoption de mesures strictes pour empêcher le transfert d’armes, y compris de drones armés de plus en plus sophistiqués, vers les parties belligérantes.

Il a déclaré : « Les attaques de drones contre les civils et les biens à caractère civil s’aggraveront si elles se heurtent à une impunité totale, cette violence étant de plus en plus normalisée comme tactique de base par les deux parties. »

Frappes contre les installations civiles

Selon le communiqué de Volker Türk, la plupart des décès de civils attribués aux frappes de drones au cours du premier trimestre de l’année ont été enregistrés dans la région du Kordofan.

Récemment, le 8 mai dernier, des rapports ont indiqué que des frappes de drones sur la zone de “Al-Quz” dans le Sud-Kordofan et près d’ “Al-Obeid” dans le Nord-Kordofan ont causé la mort de 26 civils et fait plusieurs blessés.

Le communiqué précise que les parties au conflit ont utilisé des drones pour frapper de manière répétée des biens civils et des infrastructures, multipliant ainsi les souffrances des civils qui peinent déjà à accéder à une nourriture suffisante, à l’eau potable et aux soins de santé.

Les marchés ont également été fréquemment ciblés, avec au moins 28 attaques ayant fait des victimes civiles.

Le communiqué souligne que les installations sanitaires au Soudan ont été bombardées au moins 12 fois au cours des quatre derniers mois, entraînant dans certains cas leur fermeture et forçant les civils à parcourir de longues distances pour se faire soigner ou à rester sans soins. Les dépôts de carburant et les routes d’approvisionnement ont également été la cible de frappes répétées ces dernières semaines.

Interruption du trafic aérien

Le communiqué note que la frappe ayant touché l’aéroport de Khartoum via un drone le 4 mai dernier a entraîné l’interruption de tous les vols. Plusieurs autres attaques ciblées par drones ont eu lieu entre le 28 avril et le 5 mai 2026 dans d’autres sites à Khartoum et dans la ville d’Omdurman.

Volker Türk a déclaré : « L’intensité de ces attaques a brisé le calme relatif qui régnait ces derniers mois alors qu’un nombre croissant de civils retournaient dans la capitale, et a ravivé les craintes d’un retour des hostilités à Khartoum. »

Le Haut-Commissaire a averti qu’une intensification potentielle des hostilités au Kordofan exposerait les civils à un risque accru d’attaques de représailles et à de nouveaux déplacements massifs, en particulier dans les villes d’Al-Obeid et de Dilling (Sud-Kordofan), contrôlées par les Forces Armées Soudanaises et soumises à des conditions s’apparentant à un siège.

Entrave à l’aide humanitaire

Le Haut-Commissaire a également averti que l’escalade de la violence perturberait la fourniture de l’aide humanitaire vitale.

  1. Türk a déclaré : « Une grande partie du pays, y compris le Kordofan, fait désormais face à un risque accru de famine et d’insécurité alimentaire aiguë, une situation aggravée par les retards prévus ou la pénurie d’engrais résultant de la crise du Golfe. »

Il a ajouté : « Les attaques persistantes contre les installations de soins de santé dans plusieurs États ont rendu de nombreux hôpitaux et cliniques peu opérationnels ou les ont forcés à arrêter complètement leurs activités, augmentant ainsi les risques pour les civils déplacés. »

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a conclu son communiqué en déclarant : « J’appelle une nouvelle fois toutes les parties à garantir la protection des civils, y compris leur passage sécurisé hors des zones d’hostilités actives… Les parties au conflit doivent faciliter le mouvement sûr, volontaire et éclairé des civils à travers les routes de déplacement, et les protéger des actes de représailles, y compris les exécutions extrajudiciaires, la violence sexuelle, la détention arbitraire et l’enlèvement. »