Insécurité sans précédent à Zalingei et évasion de dizaines de prisonniers

 

 

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Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Le Réseau de la Jeunesse pour la Surveillance Civile a qualifié la situation dans la ville de Zalingei, sous le contrôle des milices des Forces de Soutien Rapide (FSR), d’« insécurité » sans précédent, signalant des incidents de meurtre quasi quotidiens dans la ville, ainsi que des bagarres et des agressions à l’arme blanche.

Le rapport, consulté par “Ultra Sudan” ce mercredi, détaille plusieurs cas illustrant le chaos sécuritaire à Zalingei, chef-lieu de l’État du Darfour Central. Il mentionne qu’un marchand de carburant a été la cible de tirs dans le quartier des « Mohafizine » par un motocycliste, après que le marchand lui a demandé de payer le prix ; l’auteur a pris la fuite le 30 avril 2026.

Selon le rapport, le marché de « Merin », spécifiquement dans la zone de « Columbia » connue pour le commerce d’armes et de drogue, a été le théâtre d’une altercation entre deux individus qui a dégénéré en une agression au couteau le 3 mai courant. L’incident a fait deux blessés, dont l’un a succombé plus tard à ses blessures. Cet événement a provoqué des tirs nourris et la fermeture du marché pendant deux jours, tandis que certaines parties de celui-ci ont été pillées.

Par ailleurs, le 6 mai 2026, et conformément au rapport, plusieurs détenus de la grande prison de Zalingei ont réussi à forcer l’établissement et à s’évader. Leur nombre est estimé à au moins 20 prisonniers, dont certains sont condamnés dans des affaires de meurtre selon l’article (130).

Les détails de l’incident remontent à un rassemblement tribal armé près de la prison dans une tentative de faire évader l’un de leurs proches. Profitant du chaos qui en a résulté, un certain nombre de prisonniers ont pu s’enfuir vers les quartiers voisins. Si certains ont été de nouveau capturés, d’autres sont toujours en fuite selon le rapport.

Le rapport a également recensé le meurtre d’un jeune homme dans le quartier de « Hassahissa Nord » le 7 mai 2026. Ce dernier était sorti pour répondre à des appels de détresse près de chez lui avant de subir une tentative de vol ; les agresseurs ont ouvert le feu sur lui et se sont enfuis. Le jeune blessé a été transporté à l’hôpital où il est décédé le 9 mai courant des suites de ses blessures.

Le rapport mentionne également qu’un chauffeur de « rickshaw » a été blessé lors d’une menace à l’arme à feu par des assaillants armés le 8 mai courant dans le quartier de « Hassahissa ». Les miliciens ont volé son véhicule et pris la fuite. Le même jour, selon le rapport, une dispute a éclaté entre deux personnes, l’une d’elles a poignardé l’autre avec un couteau. Les proches de la victime se sont rassemblés devant l’hôpital avant que des notables n’interviennent pour calmer les tensions et permettre au personnel de reprendre le travail à l’hôpital.

Dans un contexte lié, un groupe armé a ouvert le feu lors d’une tentative de pillage de téléphones et de biens appartenant à des citoyens dans le quartier de « Thawra Nord » à Zalingei le 9 mai courant. Ils ont réussi à voler plusieurs téléphones, et un enfant a été blessé par balle lors de l’incident.

Le rapport publié par le Réseau de la Jeunesse pour la Surveillance Civile confirme que ces défaillances sécuritaires répétées ont provoqué un état de peur et d’appréhension généralisé parmi les citoyens. Beaucoup d’entre eux préfèrent désormais rester à l’intérieur de leurs domiciles, surtout pendant la nuit, période durant laquelle les opérations de pillage et de vol s’intensifient.

Le rapport souligne également que les citoyens hésitent à se rendre dans les cybercafés proposant le service internet via les appareils « Starlink » dans les quartiers et les marchés, particulièrement la nuit, par crainte d’être agressés et pillés par des hommes armés.

Le rapport précise qu’il existe un vide sécuritaire total dans la ville de Zalingei, car aucune autorité sécuritaire n’assure la protection des citoyens face à la hausse des crimes de pillage et d’agression. Les procédures résultant des plaintes des citoyens se limitent à la rédaction de procès-verbaux sur papier sans aucune action concrète sur le terrain.

Le Réseau de la Jeunesse pour la Surveillance Civile a condamné le ciblage des civils par des parties armées. Il a tenu à rappeler la responsabilité nécessaire de protéger les civils dans toute zone, laquelle incombe à la force qui la contrôle, tout en appelant à plus de rigueur dans l’usage des armes et à la reddition de comptes pour les auteurs de ces violations.

Les Forces de Soutien Rapide ont pris le contrôle de la ville de Zalingei fin 2023. Depuis lors, la ville fait face à une série de défis sécuritaires, à une dégradation des conditions de vie et à des mouvements de déplacement à l’intérieur et à l’extérieur de la ville.