
Minawi choque tout le monde : Nous souhaitons la bienvenue à « Hemedti » s’il fait défection des Forces de soutien rapide
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Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Le président du Mouvement de libération du Soudan, Minni Arko Minawi, a exprimé dimanche sa volonté d’accueillir tout commandant qui ferait défection des Forces de soutien rapide (FSR), y compris leur chef, Mohamed Hamdan Dagalo « Hemedti », sans pour autant abandonner le droit à la reddition de comptes.
Minawi, qui supervise la Force conjointe combattant aux côtés de l’armée contre les FSR, a déclaré dans un entretien accordé à « Darfour24 » : « Toute défection des Forces de soutien rapide est la bienvenue, même s’il s’agit de Hemedti, mais cela n’annule pas la reddition de comptes, et la justice aura son mot à dire ».
Minawi a considéré que les défections au sein des Forces de soutien rapide étaient une chose naturelle en raison de l’absence d’un projet national fédérateur entre les composantes de cette organisation qu’il a qualifiée d’« étrange ».
La défection du général Al-Nour Al-Quba a fait l’objet d’une célébration officielle notable, suivie rapidement par celle du célèbre commandant de terrain Ali Rizallah « Al-Safana », et avant cela, celle d’Abou Agla Keikal, qui a combattu aux côtés de l’armée et de ses alliés pour reprendre l’État de Jazira.
Concernant les gains militaires que ces défections pourraient engendrer, Minawi a affirmé : « Je ne connais pas précisément leur valeur militaire, mais il s’agit d’une convergence de volontés ».
Repositionnement
Le superviseur général de la Force conjointe a évoqué les mesures en cours pour évacuer la capitale de toute présence militaire, signalant que cela ne se ferait pas du jour au lendemain, et que Khartoum venait tout juste de sortir de la guerre, alors que des préparatifs et des dispositifs militaires y sont encore en cours. Il a ajouté : « Il est tout à fait naturel de conserver certains aspects militaires ».
Répondant à la controverse entourant le repositionnement de la Force conjointe autour d’Omdourman, Minawi a insisté sur le rôle fondamental de cette force dans les opérations, soulignant que « la Force conjointe est déjà présente à Khartoum, et ce repositionnement n’a rien d’étrange ».
Minawi a expliqué ce qu’il a qualifié d’« acharnement contre la Force conjointe » par le fait que l’État est devenu multipolaire et que chaque pôle cherche à orienter l’opinion publique en faveur de ses propres objectifs, ajoutant : « En réalité, il n’y a aucun différend entre nous ».
Commentant les frictions qui surviennent dans les marchés et les rassemblements publics entre les forces régulières, Minawi a indiqué que ces incidents étaient accidentels et normaux au vu de la situation actuelle, réaffirmant : « Nous apportons constamment des solutions à ces problèmes ».
Certains marchés d’Omdourman connaissent des frictions intermittentes entre les forces régulières, tandis que la police confirme dans ses communiqués la stabilité de la situation et une coordination rigoureuse entre ces forces.
Concernant la récente escalade éthiopienne et l’expansion des Forces de soutien rapide dans la région du Nil Bleu, frontalière de l’Éthiopie, le président du Mouvement de libération du Soudan a indiqué qu’ils privilégiaient les efforts de solution diplomatique, soulignant que la crise militaire dans son ensemble revêtait un caractère frontalier, que ce soit avec l’Éthiopie ou le Tchad.
L’armée soudanaise a officiellement accusé l’Éthiopie d’utiliser ses aéroports comme plateforme de lancement pour les drones des Forces de soutien rapide, qui ont bombardé l’aéroport de Khartoum et d’autres sites au début de ce mois.
Quant au calme opérationnel sur les fronts de combat, Minawi a révélé la préparation de vagues d’opérations majeures, sans toutefois entrer dans les détails.
L’intensité des combats terrestres a diminué dans la région du Grand Kordofan, tandis que les bombardements mutuels par drones se sont poursuivis sur les villes du Darfour, de Khartoum et du Nil Blanc.
La position envers les forces politiques
Minawi a révélé que le Bloc démocratique ne s’opposait pas à communiquer avec les forces politiques de l’autre rive, y compris l’alliance « Tassis » (Fondation), si celle-ci rompait ses liens avec les Forces de soutien rapide.
Le Bloc démocratique, dont Minawi est un dirigeant de premier plan, a adopté une feuille de route pour une paix globale à la clôture de sa dernière conférence organisationnelle.
Minawi a mentionné que l’alliance « Somoud » (Résilience) devait adopter une position plus audacieuse, soulignant que le Bloc démocratique ne représentait pas une vitrine politique pour l’armée, mais plutôt une vitrine pour la cause soudanaise, selon ses propres termes.
Minawi a réitéré sa position face à tout projet de trêve adopté par la communauté internationale, déclarant que toute trêve aboutissant à un règlement qui ne placerait pas l’unité du pays au premier plan de ses objectifs ne serait que « de l’encre sur du papier ».
Le mécanisme quadripartite, qui comprend les États-Unis, l’Égypte, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, a proposé un plan pour mettre fin au conflit, prévoyant la signature d’une trêve humanitaire de trois mois, suivie d’un cessez-le-feu permanent et d’un processus politique.
Dans un entretien précédent accordé à « Darfour24 », Minawi avait estimé que la trêve proposée mènerait au même scénario libyen, basé sur la coexistence de deux gouvernements distinctes.