
Les stratégies politiques de la milice
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Dr. Abdel Rahman Kamal Shomeina
Il a été constaté, au cours des deux derniers jours, une accélération de la part de la milice pour afficher une forme de souplesse et de coopération à travers les déclarations de son chef, Hemedti, et de son frère, Abdelrahim. Pour comprendre la teneur de ces déclarations, nous devons appréhender le contexte dans lequel elles sont intervenues. À cet égard, nous constatons que tous ces mouvements ont eu lieu après le discours du commandant de l’armée soudanaise, le général Al-Burhan, lors de ses vœux adressés aux commandants des forces armées. Selon mon estimation, l’une des phrases les plus dangereuses mentionnées par Al-Burhan réside dans ses vœux et ses salutations adressés aux forces de l’armée stationnées et présentes au Kordofan et au Darfour, en attendant l’heure zéro pour fondre sur la milice.
Il est notoire et certain que la milice souffre de divisons aiguës, ainsi que d’un état d’égarement et d’accusations mutuelles de trahison, tant sur le plan militaire que sur le plan politique représenté par le “gouvernement de fondation”. C’est pourquoi, après le discours d’Al-Burhan et en conséquence directe de celui-ci, le rythme des arrestations et des changements de lieux et de gardes s’est accéléré ; la situation a même atteint le point de quitter Nyala, ce qui constitue une preuve évidente de l’état de fragmentation et de suspicion de trahison dans lequel vit la milice. D’autre part, Hemedti a déclaré la formation du Conseil de sécurité et de défense pour le “gouvernement de fondation”, tandis que son adjoint, Abdelrahim, a déclaré leur approbation d’une trêve humanitaire et que l’intérêt du citoyen constituait pour eux la priorité absolue.
Selon mon estimation, ces déclarations ne peuvent sortir du cadre de stratégies et de tactiques politiques flagrantes et évidentes, visant à tenter de créer une stabilité relative afin d’obtenir un soutien logistique supplémentaire de la part du parrain régional, et ce pour les raisons suivantes :
• Les lourdes défaites subies par la milice dans le Nil Bleu et l’imminence de la libération d’Al-Kurmuk.
• La fermeture de toutes les voies de soutien via la route de l’Ouest (Libye – Tchad – le triangle frontalier).
• Les ententes régionales qui se soucient de la stabilité du Soudan en tant que point central pour la stabilité de la région de la mer Rouge et de la Corne de l’Afrique.
Par conséquent, nous constatons que les déclarations des deux frères ne sont rien d’autre qu’une tentative et une tactique politique. En particulier, si nous prenons en compte la chronologie, la déclaration d’Abdelrahim acceptant les trêves, reconnaissant les atrocités commises contre les civils et élevant le principe de responsabilisation comme une valeur juridique et morale, suivie de la déclaration de Hemedti concernant la formation du Conseil de sécurité et de défense, tout cela relève, selon mon estimation, de l’hérésie politique. Comment, par exemple, ce conseil sera-t-il formé à la lumière des obsessions de trahison et de l’adoption du tribalisme comme critère fondamental pour les privilèges et les quotas de partage du pouvoir ? Et si l’objectif était de tenter de préparer un terrain bénéficiant d’une légitimité légale, et d’un conseil de défense en tant qu’entité militaire et sécuritaire capable de négocier des arrangements sécuritaires attendus – sur la base des déclarations de Middle East –, tout cela a été anéanti après la déclaration d’Al-Burhan stipulant qu’il n’y aura pas de négociations hors du Soudan et appelant à un dialogue soudano-soudanais.