La crise des réfugiés soudanais

___________________________

___________________________

___________________________

___________________________

___________________________

___________________________

___________________________

___________________________

___________________________

___________________________

 

  Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

 

Le journal britannique The Guardian a publié un rapport sur la situation des réfugiés soudanais en République Arabe d’Égypte, dans lequel il est mentionné que les réfugiés sont soumis à de mauvais traitements liés à une forme de racisme. Il a été répondu officiellement à ce rapport par Monsieur l’Ambassadeur Alaa Youssef, président du Service d’Information de l’État (SIS), qui a affirmé que le rapport manque d’objectivité et s’est appuyé sur l’audition d’échantillons qui ne sauraient représenter de véritables proportions par rapport aux nombres accueillis par l’Égypte durant ces années.
Il est certain que les guerres ont des retombées majeures sur les plans humain, économique, politique et social. Ces retombées amènent les États, en particulier ceux qui entourent le pays en conflit, à prendre en compte toutes les considérations et mesures garantissant la sécurité de leur sécurité nationale en tant que droit souverain. Il est reconnu que la protection de la sécurité nationale prime sur toutes les considérations politiques, et cela peut aller jusqu’à la suspension de l’application ou au gel de certains accords selon les exigences de la situation.
La situation de la guerre de la dignité et de l’agression subie par le peuple soudanais l’a plongé dans un état d’égarement et de déplacement, ainsi que dans une tentative de recommencer et de refaire leur vie dans des pays qui, dans l’imaginaire de l’esprit collectif soudanais, sont les plus proches de lui intellectuellement, affectivement et culturellement, sans prendre en considération la nouvelle situation qui a imposé à ces pays de prendre les mesures qu’ils jugent appropriées pour protéger leur sécurité nationale sous ses différentes formes : économique, sociale, démographique… et autres.
Pour comprendre la situation égyptienne, nous devons commencer par comprendre une vérité principale, à savoir que le Soudan n’est pas le seul État ciblé dans le cadre de ce qui est connu sous le nom de projet du nouvel Afrique et Moyen-Orient. En réalité, le ciblage de l’Égypte n’est pas moindre, mais s’accentue plutôt, car il est historiquement lié dans l’esprit de l’ennemi à des défaites militaires, de renseignement et politiques. De plus, le lien de l’Égypte avec le Soudan, et inversement, constitue une véritable hantise pour l’ennemi et pour les États qui lui sont loyaux et qui contribuent à la mise en œuvre des objectifs de son projet de colonisation de peuplement.
Le projet de division du Soudan est un projet ancien qui a été préparé avec soin. La preuve en est qu’avant le déclenchement de la guerre, la milice des Forces de soutien rapide a naturalisé un très grand nombre de groupes connus sous le nom d’Arabes de la diaspora, qui s’étendent à travers la bande du Sahel africain. Après avoir pris le contrôle de Khartoum, ces groupes se sont installés dans différentes zones de la capitale, en particulier celles qui étaient sous le contrôle de la milice. Puis, après la victoire de l’armée et des forces qui la soutiennent, ces groupes se sont dirigés vers l’Égypte en tant que réfugiés soudanais, conformément à leurs documents d’identité. Cette situation a poussé les autorités égyptiennes à repenser les procédures suivies dans le dossier des réfugiés et des personnes enregistrées auprès du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), dont la dernière en date est la promulgation de la loi égyptienne sur les réfugiés. Tout cela est dû à l’importance de protéger la sécurité nationale face à un ciblage puissant et renouvelé en termes de stratégies.
Par conséquent, nous concluons que le dossier des réfugiés est l’un des dossiers les plus complexes dans les relations stratégiques entre les États, en particulier dans le cas de l’Égypte et du Soudan, car c’est un dossier dangereux qu’il est d’ailleurs très facile de manipuler de manière négative à travers des rapports orientés visant, à long terme, à être adoptés comme prétextes et agendas de sédition et de haine entre les peuples.