
Accords avec l’Arabie saoudite, la Libye et la Russie pour l’importation de carburant
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
- Le ministre de l’Énergie : Il n’y a pas de crise de carburant, et l’encombrement dans les stations est dû à la tarification
Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Al-Moatasem Ibrahim, a confirmé que la guerre dans le pays a détruit environ 70 % des installations pétrolières et causé d’importants dégâts aux centrales électriques, soulignant que le ministère s’efforce de réhabiliter les infrastructures et de récupérer les champs et les installations endommagés.
Le ministre a déclaré dans une interview accordée à (Asharq) que de nombreux champs pétroliers sont hors service en raison des conditions de sécurité, notamment le champ de “Balila”, qui est un projet conjoint entre le Soudan et la Chine, tandis que la production se poursuit dans les champs de Heglig et de Bamboo West.
Il a mentionné que la production locale est tombée à 30.000 barils par jour, contre environ 60.000 barils par jour avant le déclenchement de la guerre, soulignant que le ministère vise à porter la production à un niveau situé entre 150.000 et 200.000 barils par jour après la stabilisation des conditions de sécurité et le retour des investissements dans le secteur.
Le ministre a réaffirmé la continuité des accords relatifs au transport et au traitement du pétrole du Sud-Soudan via le Soudan, faisant état d’accords conclus pour augmenter les quantités de pétrole transportées, parallèlement à l’augmentation de la capacité d’accueil des pipelines de transport.
Le ministre a également signalé que la raffinerie de Khartoum (Al-Jeili) a subi des destructions massives durant la guerre, touchant également d’autres raffineries, ce qui pousse le pays à importer 100 % de ses besoins pétroliers. Il a révélé l’existence d’un plan pour la reconstruction de la raffinerie de Khartoum, qui revêt une importance stratégique pour sécuriser les besoins du pays en carburant.
Il a précisé que le coût de la réhabilitation de l’une de ses unités est estimé à environ un milliard de dollars. Le ministre de l’Énergie a démenti toute crise dans la disponibilité des produits pétroliers, et a attribué l’encombrement qu’ont connu certaines stations-services au cours de la période passée à des questions liées à la tarification et non à une pénurie d’approvisionnement.
Il a expliqué que le gouvernement a formé un comité technique spécialisé pour réguler les prix des produits pétroliers selon des marges bénéficiaires raisonnables garantissant qu’ils restent à la portée des citoyens, soulignant que les nouvelles réglementations ne visent pas le monopole ni la restriction de la concurrence.
Le Soudan importe huit navires par mois de dérivés pétroliers, la cargaison de chacun d’eux s’élevant à environ 40.000 tonnes, selon le ministre qui prévoit que les prix mondiaux connaîtront une baisse progressive suite à la réouverture du détroit d’Ormuz et à la stabilisation du commerce international.
Dans le cadre des efforts visant à sécuriser les approvisionnements en carburant, Ibrahim a révélé que des contacts et des ententes sont en cours avec un certain nombre de pays pour développer la coopération dans les domaines de l’importation de dérivés pétroliers et de la réhabilitation des installations endommagées.
Il a précisé que le Royaume d’Arabie saoudite figure parmi les partenaires les plus importants avec lesquels une coordination est actuellement en cours dans le domaine de la fourniture et de l’importation de produits pétroliers, indiquant que les discussions se poursuivent dans le but de renforcer la sécurité des approvisionnements et de garantir le flux de carburant vers les marchés soudanais.
Le ministre a ajouté que le Soudan s’efforce également d’élargir ses partenariats avec l’Égypte et la Libye dans le cadre de la coopération régionale dans le secteur de l’énergie, en plus d’ententes avec la Russie, la Biélorussie et la Turquie, affirmant que la période à venir connaîtra une amélioration des approvisionnements en carburant et une meilleure régulation des prix afin de réaliser la stabilité sur le marché local.
Quant au secteur de l’électricité, Ibrahim a déclaré que la situation s’améliore progressivement mais qu’elle fait face encore à des défis majeurs. Il a expliqué que l’État de Khartoum compte à lui seul environ 3.700 kilomètres de lignes électriques perdues ou détruites, en plus de dégâts considérables sur les transformateurs, les poteaux et les stations de transformation, affirmant que le ministère a réussi, au cours de la période passée, à remettre en service un certain nombre de stations de transformation qui alimentent les quartiers résidentiels après le ciblage des stations principales.
Ibrahim a ajouté que le gouvernement a importé plus de 6.000 transformateurs électriques destinés à l’État de Khartoum dans le cadre des efforts de reconstruction et de rétablissement du service dans les zones touchées.
Le ministère soudanais de l’Énergie et du Pétrole s’efforce d’augmenter la production d’électricité et de relever les capacités de production des centrales d’Um Dabaker et de Garri, en plus de la mise en œuvre de projets d’énergie solaire à Dongola, Shendi et Kalanaieb dans l’est du Soudan, selon Ibrahim. Il a indiqué que le ministère dispose d’un plan pour générer une capacité électrique de 3.000 mégawatts d’ici 2027 grâce à des projets de production thermique, hydraulique et d’énergies renouvelables, contre un volume de production actuel d’environ 2.000 mégawatts.
Parallèlement à cela, Ibrahim a confirmé la poursuite des travaux visant à augmenter l’approvisionnement via le projet d’interconnexion électrique avec l’Égypte, tandis que l’interconnexion avec l’Éthiopie reste suspendue pour des raisons politiques, stratégiques et techniques.