
Les professionnels de l’information au cœur de Khartoum et les enjeux de la presse à l’ère des nouveaux médias
Avant le crépuscule
Dr. Abdelmalek El Naeem Ahmed
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
L’auteur de cette chronique régulière a eu l’opportunité de visiter Khartoum sur invitation officielle avec un groupe de professionnels de l’information et de journalistes, et ce après plus de trois ans et demi depuis que nous l’avions quittée pour les vacances de l’Aïd al-Fitr le 20 avril 2023, alors que la guerre en était à sa première semaine, afin de passer les vacances de l’Aïd al-Fitr parmi la famille et les proches sur l’île de d’El Gezira, et dans l’espoir que la rébellion soit écrasée et qu’il soit mis fin à cette maudite guerre dans les plus brefs délais possibles pour que nous puissions retourner dans nos maisons et nos foyers. Mais ce furent les destins, le complot extérieur aux niveaux régional et international, ainsi que le grand projet qui avait été planifié.
La visite de Khartoum après ces années a été une visite ayant sa propre saveur et un goût particulier, car elle est intervenue dans le cadre de l’accomplissement du devoir national le plus suprême, commencé par les professionnels de l’information patriotes de diverses sensibilités à travers leurs plumes sincères et leurs discours puissants sur tous les supports médiatiques, défendant la patrie et soutenant les Forces armées, les Forces conjointes, le Service de renseignement général et les mobilisés, ainsi que tous ceux qui ont porté leur vie au creux de leurs mains sur le terrain de la bataille de la dignité, ne recherchant que la libération de la patrie et le recouvrement de sa souveraineté et de sa dignité face à ceux qui sont venus de la diaspora africaine pour la décapiter et modifier sa carte démographique et sociale ; mais comment cela pourrait-il leur être possible ?
Il y a eu une présence massive, qualitative et distinguée de journalistes et professionnels de l’information soudanais, ainsi que de leaders d’opinion et d’hommes de principes et de conviction opérant dans un certain nombre de pays du monde et au sein de divers médias à fort impact direct. Certains d’entre eux ont été contraints par les circonstances de la guerre de quitter le pays, mais ils ont continué à en porter le souci et à le défendre avec les mots les plus puissants et les expressions les plus sincères, démasquant la supercherie médiatique et la désinformation tissées par les officines de la conspiration à travers leurs cellules médiatiques rémunérées.
Ces journalistes et professionnels de l’information se sont rassemblés à la suite d’une généreuse invitation des parties organisatrices de cette rencontre importante, à un moment opportun, dans le but de recueillir leurs avis et de tirer profit de leurs expertises et de leurs expériences afin de les ajouter aux contributions et participations de tous les confrères que les circonstances n’ont pas permis d’être présents.
Cette rencontre se déroule avec la conviction que la plume mène elle aussi la bataille de la dignité dans son autre volet, en soutenant et en appuyant ceux qui sont sur le champ de bataille et offrent leur vie à bas prix pour la patrie, et en affirmation de l’importance et du rôle des médias pendant et après la guerre dans le processus de reconstruction, lequel ne se limite pas aux bâtiments, mais comprend également la reconstruction des valeurs et des esprits par le rejet du discours de haine, la réalisation de la paix sociale, l’appel à la réconciliation et le traitement de la justice transitionnelle, grâce à laquelle les nations se reconstruisent, la vie est restaurée, et le développement ainsi que le progrès se concrétisent, comme cela s’est produit dans de nombreux pays ayant vécu des guerres similaires.
C’est pourquoi la rencontre des professionnels de l’information et des journalistes à Khartoum avait un programme défini et des objectifs clairs visant à débattre des questions relatives aux médias et à réformer leur situation sur le plan de la forme, des structures, du contenu et même des lois et législations régulatrices, à la lumière des nouveaux médias avec lesquels il n’y a d’autre choix que de composer et de les employer au service des objectifs nationaux.
Durant deux jours, s’est tenu un atelier de travail spécialisé au cours duquel deux communications d’une importance majeure ont été débattues : la première portait sur tout ce qui concerne les journalistes et les professionnels de l’information en termes de droits, de devoirs et de tout ce qui est lié à leur autonomisation pour accomplir leurs tâches et leurs devoirs dans de meilleures conditions et un environnement de travail adéquat ; la seconde concernait la charte d’éthique journalistique et la déontologie de la profession.
Le débat a été riche et objectif malgré la divergence des points de vue, ce qui est bien entendu requis et même nécessaire pour le développement et l’élévation de la profession, et les opinions des participants — de par leur qualification académique et leurs expériences pratiques — ont apporté de nombreuses propositions et recommandations s’ajoutant au contenu des documents présentés.
Non seulement cela, mais les participants ont également été répartis en groupes de travail spécialisés pour approfondir davantage le débat et soumettre des propositions applicables, accompagnées d’un calendrier et de projets précis… Il y a ainsi eu cinq groupes de travail : le premier consacré aux politiques médiatiques ; le deuxième aux lois et législations ; le troisième à l’économie ; le quatrième aux affaires sociales ; et le cinquième au plan médiatique pour la phase à venir.
Le débat a été profond et guidé par une vision nationale aux contours bien définis, afin que les résultats de cet atelier constituent par la suite une vision et une stratégie médiatique nationale exécutoire, mise à la disposition de la direction de l’État en tant qu’effort médiatique pur au service de la patrie.
La dimension sociale était évidente lors de cette rencontre, après que la guerre a séparé de nombreuses personnes qui travaillaient au sein d’une même institution… Et la rencontre elle-même, au cœur de Khartoum, après la destruction qui l’a frappée durant la période de la guerre, portait une symbolique, de nouvelles significations et un grand espoir dans le retour de la vie plus rapidement que ce à quoi beaucoup s’attendaient.
Et cela fait également partie des convictions qui ne peuvent se concrétiser que par la présence effective, car voir n’est pas comme entendre.. Khartoum se rétablit et le Soudan sera de retour, si Dieu le veut, grâce au sacrifice de ses enfants et à leur dévouement.