Violents affrontements secouent la ville de Kawda et font des dizaines de morts

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Plusieurs membres des forces du Mouvement populaire de libération du Soudan – Nord (SPLM-N) et des jeunes de la tribu Otoro ont été tués lors de violents affrontements qui ont éclaté avant-hier lundi aux abords de la ville de Kawda, sous le contrôle du SPLM-N, sur fond de tensions croissantes entre les deux parties depuis mars dernier.
Des sources locales ont indiqué à « Darfur24 » qu’une force de l’Armée populaire s’est infiltrée vers 16 heures dans la ville, avant d’entrer en collision avec les jeunes d’Otoro à l’entrée de Kawda, près de l’aéroport, ce qui a entraîné des pertes humaines dans les deux camps.
Dans un communiqué, le comité médiatique de la tribu Otoro a expliqué que cette escalade représente une menace directe pour le cessez-le-feu et le cours de l’initiative de paix, tout en exposant les civils à un danger imminent, appelant le mécanisme présidentiel ainsi que les instances régionales et internationales à intervenir en urgence pour garantir le respect de la trêve et la protection des civils.
Le commandant de la milice des Forces de soutien rapide, Mohamed Hamdan Daglo « Hemedti », avait pourtant annoncé une initiative de cessez-le-feu accueillie favorablement par le SPLM-N, mais la trêve s’est rapidement effondrée avec des accusations mutuelles de violations et le retour des tensions à Kawda et dans ses environs.
Dans un incident distinct, une force a attaqué la zone de Mandi et contraint les déplacés à la quitter après avoir confisqué leurs biens, un acte condamné par le Mek général par intérim de la tribu Otoro, Koko Al-Daqir Damjala, qui a estimé que ces pratiques constituent une violation de la déclaration de cessation des hostilités et la poursuite d’un ciblage sur une base tribale.
Les origines de la tension à Kawda remontent à d’anciens différends sur la délimitation des frontières entre les tribus, lesquels ont évolué depuis mars dernier en affrontements armés. Ces affrontements ont atteint leur paroxysme en juin et juillet lorsque des groupes d’Otoro ont pris le contrôle de vastes zones de la ville, avant que les combats ne reprennent de plus belle en août, provoquant de déplacements massifs de population ainsi que le pillage et l’incendie de biens et de sièges d’organisations.