Ainsi parlait le Général

Bukhari Bashir

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

 

J’ai rencontré, au sein d’un groupe éminent de frères, Son Excellence le Président du Conseil de Souveraineté, le Général d’armée Abdel Fattah Al-Burhan. Les professionnels des médias et de la presse sont accourus des quatre coins du monde vers la capitale, Khartoum, pour assister et participer au Forum des Journalistes Soudanais.

Ce forum a examiné le présent et l’avenir de l’industrie des médias soudanais. Les frères, à travers leurs diverses spécialités, y ont étudié les affaires et les préoccupations de cette profession, la « profession des peines », comme il plaît à ses adeptes de l’appeler, ou « Sa Majesté », ou encore le « Quatrième Pouvoir ».

L’importance de cet événement réside dans le fait qu’il intervient dans un contexte de défis majeurs auxquels est confronté l’ensemble du Soudan, des défis que les dignes fils de la patrie se doivent de relever.

Près de 108 professionnels des médias, journalistes et influenceurs des nouveaux médias sont retournés sur la terre natale, rejoints par d’autres venus de l’intérieur du Soudan. Ils sont revenus après une longue absence : certains avaient quitté la terre des ancêtres avant la guerre, tandis que d’autres en avaient été expulsés par la milice rebelle lorsqu’elle s’était déployée à travers tout le pays. Certains rentraient pour la première fois, et d’autres revenaient lors de visites intermittentes dès que l’occasion s’en présentait.

Mais cette fois-ci, le retour a une saveur différente : voilà Khartoum, chantée par les artistes comme le jardin du paradis, qui recouvre peu à peu sa santé, et la vie qui renaît dans ce corps épuisé par la maladie incurable de la guerre. La rébellion soutenue de l’extérieur voulait que Khartoum s’éteigne pour ne plus jamais se relever, en ciblant sa population, ses infrastructures et sa vitalité ; mais la voilà qui renaît grâce à des hommes fidèles qui ont versé leur sang pur et noble en dot pour ce retour.

Monsieur le Président du Conseil de Souveraineté s’est adressé à nous et nous a accordé un temps précieux. Nous avons remarqué son vif désir de discuter, à tel point que lorsque les interventions ont été ouvertes et que le lieu s’est avéré trop étroit pour l’abondance des échanges, la modération a présenté ses excuses à ceux qui n’avaient pas pu prendre la parole. Cependant, le Général Abdel Fattah Al-Burhan a rouvert les interventions, et les professionnels ainsi que les experts des médias ont développé leurs visions et exposées leurs idées, sans rien omettre dans leurs questions, tandis que le Président prenait des notes et écoutait attentivement.

Mais le plus important dans tout cela réside dans ce que le Général Al-Burhan a livré lors de cette rencontre, ainsi que les informations qu’il a bien voulu partager, éclairant la réalité actuelle du Soudan. Il nous a tenu le discours du dirigeant sur toutes les phases de la guerre, ainsi que sur les étapes de la planification, de la préparation et de la conspiration.

Depuis l’époque précédant la chute du régime d’Al-Bachir jusqu’au début des divergences autour de l’Accord-cadre, Al-Burhan a raconté la démission de Hamdok et son acceptation de la dissolution du gouvernement, qui n’était pas un coup d’État contre le gouvernement de la révolution, mais plutôt une rectification de sa trajectoire qu’une minorité politique voulait confisquer à son profit.

Al-Burhan a évoqué la manière dont les Forces de soutien rapide ont pris de l’ampleur, et comment ils avaient averti la direction de l’État de l’époque de la dangerosité de la voie empruntée par Hemedti, sans que leurs avertissements ne soient entendus.

Al-Burhan a déclaré que le complot contre le Soudan avait commencé très tôt, bien avant la chute du régime de l’Ingaz, et que la guerre n’était que le résultat de cette longue conspiration.

Al-Burhan a expliqué la souffrance et la rigueur des premiers mois de la guerre, et comment la direction de la bataille a éprouvé d’immenses difficultés pour assurer l’approvisionnement en armes et en munitions. Il a également évoqué l’ampleur des sacrifices et ces âmes pures qui sont montées vers leur Créateur afin que la patrie demeure inexpugnable face à toute tentative de confiscation.

Al-Burhan a déclaré qu’au cours des premiers mois de la guerre, ils s’attendaient à la fin de la rébellion en quelques mois seulement, et qu’ils ne s’attendaient pas à ce que le soutien extérieur à la rébellion intervienne et se poursuive jusqu’à ce jour.

Al-Burhan a affirmé que les médias sont un partenaire essentiel dans la « bataille de la dignité », jouant un rôle qui n’est pas inférieur à celui des combattants. Il a adressé ses salutations à tous les professionnels des médias hors du Soudan, ajoutant un hommage particulier aux journalistes de l’intérieur qui ont subi les affres de la guerre et en ont souffert ; il a toutefois souligné que la contribution des médias a été majeure dans cette bataille et le restera.

Les professionnels des médias sont ressortis du discours du Président du Conseil de Souveraineté plus conscients des desseins du complot, et plus optimistes quant aux victoires remportées par les Forces armées et aux actions d’hommes fidèles qui ont largement contribué et sacrifié leur sang, leur temps et leur vie pour que le Soudan demeure un État capable de résister. Et voilà que ses enfants y reviennent, en groupes et individuellement, par le biais du retour volontaire et d’autres moyens de transport.

Le Forum des Journalistes a envoyé un message au monde : le Soudan va bien, et ses enfants sont capables de bâtir et de continuer.