
La milice fournit des armes lourdes et des munitions à Daech
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Khartoum a documenté l’arrivée de munitions et d’armes lourdes destinées à des groupes de contrebande d’or dans la région du Sahel liés à l’organisation « Daech », et a également observé le transfert d’armes lourdes au profit de l’organisation État islamique dans le Grand Sahara. Le représentant permanent du Soudan auprès des Nations Unies, Al-Harith Idriss, a présenté un exposé au Conseil de sécurité de l’ONU lors d’une séance consacrée à l’examen de la situation dans le pays. Al-Harith a déclaré dans son exposé que le Soudan a documenté des opérations de vente de munitions destinées aux milices des Forces de soutien rapide, pour finalement parvenir à des groupes impliqués dans la contrebande d’or au Sahel et liés à l’organisation Daech.
Il a indiqué que le Soudan a documenté le transfert de mitrailleuses lourdes de types DShK et DKT, ainsi que de lance-roquettes, à des groupes et éléments liés à l’organisation État islamique dans le Grand Sahara et au Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA). Il a précisé que l’organisation attendait l’arrivée de 25 drones et a utilisé un site situé au sud-ouest de Koufra en Libye, ainsi que des installations proches de son aéroport, pour accueillir des combattants étrangers et modifier des véhicules, avec une augmentation notable du nombre d’appareils Ilouchine Il-76 observés à Koufra, passant de 10 avions entre avril 2024 et mars 2025 à 143 avions en décembre 2025.
Il a souligné que la guerre d’agression menée contre le Soudan s’est transformée en un système criminel transfrontalier et en la relance d’une économie de guerre stimulée par des gains matériels au sein d’un réseau allié à la milice, où le prix de la mitrailleuse DShK varie entre 5.000 et 15.000 dollars, les coûts des transactions étant réglés en nature sous forme de carburant, d’or, de véhicules et de drogues. Idriss a affirmé que le président du Conseil souverain de transition et commandant de l’armée, Abdel Fattah al-Burhan, a adressé début octobre en cours une lettre au président américain Donald Trump, dans laquelle il a indiqué que la paix constitue le choix stratégique.
Il a mentionné que le Soudan a présenté des observations techniques concernant la protection des civils et les droits des communautés, dans le cadre d’arrangements clairs et contraignants quant à leur mise en œuvre et leur vérification, dans le but de préparer un cessez-le-feu permanent et de parvenir à une paix globale.
Il a réitéré l’attachement du gouvernement au fait que le succès de toute trêve humanitaire est subordonné à la fin du contrôle de la milice sur les infrastructures civiles et les habitations des civils, tout en posant comme condition l’accord sur un calendrier de retrait des forces vers des zones de rassemblement sous surveillance internationale, ainsi que la nécessité d’expulser les mercenaires étrangers du territoire national et de tarir les flux d’armes.
Il a indiqué que la guerre ne prendra fin qu’avec la fin de la rébellion de la milice soutenue de l’extérieur, estimant que cela signifie mettre un terme à la puissance militaire de la milice, qui, selon lui, cherche à imposer par la force des armes un agenda et un projet politique étrangers.
Al-Harith a insisté sur le fait que le Soudan exige le retrait de la milice des villes et des sites qu’elle contrôle, en prélude à la mise en œuvre du processus de démobilisation, de désarmement et de réintégration (DDR). Al-Harith Idriss a déclaré que la milice a continué d’utiliser des drones à un rythme accru, ciblant la sécurité des villes dans le Kordofan, au Nil Bleu, au Nil Blanc et dans le Nil.
Il a évoqué le lancement de drones depuis des pays voisins ciblant la région du Nil Bleu et les centrales électriques du barrage de Roseires, signalant l’abattage d’un drone éthiopien le 30 mai dernier dans la région de Khor El-Dahab, à la frontière entre les deux pays, qui, selon lui, photographiait des sites et des routes à 45 kilomètres de profondeur à l’intérieur du territoire soudanais.
Idriss a indiqué que l’armée a réussi à abattre trois drones suicides ennemis ayant traversé la frontière depuis l’Éthiopie vers la région du Nil Bleu, où la milice mène ses attaques contre la population et les civils à partir de la région d’Assosa.