L’Égypte brandit la carte de la « Défense commune » : Nous sommes prêts à prendre toutes les mesures pour protéger le Soudan

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

 

L’Égypte et le Soudan ont tenu lundi au Caire la troisième session de concertations du mécanisme « 2+2 » réunissant les ministres des Affaires étrangères et des Ressources hydrauliques. La délégation égyptienne était présidée par le ministre des Affaires étrangères, Badr Abdel Aaty, et le ministre des Ressources en eau et de l’Irrigation, Hany Sewilam, tandis que la délégation soudanaise était conduite par le ministre des Affaires étrangères, Mohie eldin Salem, et le ministre de l’Agriculture et de l’Irrigation, Esmat Gorachi.

Le Caire et Khartoum ont exprimé leur rejet absolu de toute menace portant atteinte à l’unité territoriale et à l’intégrité du Soudan. La partie égyptienne a souligné que la sécurité nationale de son pays est directement et organiquement liée à la sécurité nationale soudanaise, sur la base des paramètres arrêtés par la déclaration de la Présidence de la République égyptienne du 18 décembre 2025.

L’Égypte a réaffirmé son soutien total au peuple soudanais et à ses institutions nationales légitimes, en premier lieu les Forces armées soudanaises chargées par la Constitution de protéger le pays, tout en déclarant son refus catégorique de créer ou de reconnaître toute entité parallèle portant atteinte à la souveraineté du Soudan.

Dans un message d’avertissement, le Caire a confirmé sa disposition à prendre toutes les mesures et dispositions garanties par le droit international et autorisées par l’« Accord de défense commune » signé entre les deux pays, afin d’apporter son soutien au Soudan et de veiller à ce que ne soient pas franchies les lignes rouges qui touchent à son unité, à son intégrité territoriale et à ses institutions nationales.

Les deux parties ont condamné le ciblage des infrastructures vitales au Soudan, en particulier les centrales électriques et les installations hydrauliques, au moyen de drones lancés depuis un pays voisin, exigeant l’arrêt immédiat de ces violations.

Concernant la sécurité de la mer Rouge, les deux pays ont insisté sur le fait que la responsabilité de la gouvernance et de la protection de cette voie navigable relève exclusivement des États riverains, conformément au droit international, et ont rejeté les tentatives de militarisation de la mer Rouge ou d’octroi d’un accès maritime à un État non riverain aux dépens de la souveraineté des États côtiers.

Sur le volet hydraulique, les deux pays ont affirmé que la sécurité hydrique de l’Égypte et du Soudan constitue une unité indivisible, et ont réitéré leur attachement à leurs droits d’eau conformément à l’accord de 1959.

Le communiqué conjoint a qualifié le Grand barrage de la Renaissance éthiopien de « menace continue pour la sécurité hydrique des deux pays », condamnant la poursuite par l’Éthiopie de sa politique unilatérale et de l’exploitation du barrage sans mécanisme juridique contraignant régissant le remplissage et la gestion, ainsi que les conséquences qui en découlent pour les deux pays d’aval.

Les ministres ont également souligné que le dossier du barrage de la Renaissance est une question exclusive concernant l’Égypte, le Soudan et l’Éthiopie, tout en rejetant les tentatives de politisation et d’implication des autres pays du bassin du Nil.

Le Soudan a salué l’initiative égyptienne d’évaluation des dommages du barrage de Jabal Awlia et la poursuite des travaux de maintenance par des experts égyptiens.