Escalade des tensions entre le gouvernement de la milice et les organisations étrangères

 

 

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Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

La crise de l’enregistrement des organisations étrangères auprès de l’Autorité nationale pour l’accès humanitaire, relevant du gouvernement de la milice, s’est aggravée à l’approche de l’expiration du délai accordé pour régulariser leur situation juridique.

Le 15 avril dernier, l’Autorité nationale pour l’accès humanitaire avait accordé aux organisations nationales et étrangères un délai d’un mois pour s’enregistrer auprès de l’Agence soudanaise de secours et d’opérations humanitaires, interdisant à toute organisation non enregistrée d’exercer ses activités dans les zones sous contrôle du gouvernement de la milice.

L’Autorité a également contraint les Nations Unies à rouvrir leurs bureaux dans toutes les zones d’intervention du gouvernement dans un délai de 45 jours.

Des sources ont déclaré à Darfur24 que les organisations étrangères opérant dans les zones sous contrôle des Forces de Soutien Rapide (FSR) n’ont pas pris au sérieux les directives de la commission humanitaire concernant l’enregistrement.

Elles ont précisé que le taux d’organisations ayant entamé les procédures n’a pas dépassé 2 % du total des organisations y travaillant.

Les sources ont mentionné que certaines organisations étrangères ont commencé, quelques jours avant la fin de la période d’enregistrement, à regrouper leur personnel dans la ville d’El Geneina, dans l’État de l’ouest –  Darfour, en préparation d’un départ.

De son côté, un employé d’une organisation étrangère a rapporté que les directions des organisations ont informé leurs employés, ce lundi, de travailler depuis leur domicile en prévision des pires scénarios.

Dans ce contexte, des sources prévoient l’arrivée de la coordinatrice résidente et humanitaire adjointe des Nations Unies au Soudan dans la ville de Nyala, la capitale administrative du gouvernement de la milice, pour tenir des réunions avec de hauts dirigeants du gouvernement.

Un responsable du gouvernement de la milice — ayant requis l’anonymat — a affirmé que l’Agence soudanaise de secours et d’opérations humanitaires ainsi que la Commission humanitaire pour l’accès humanitaire maintiennent fermement la décision d’enregistrement, soulignant que toute organisation ne complétant pas ses procédures sera immédiatement expulsée.

Il a expliqué que le gouvernement a formé des comités pour recenser les biens des organisations étrangères refusant de s’enregistrer et opérant dans les zones sous contrôle des Forces de Soutien Rapide.

Les suivis de Darfur24 indiquent que certaines organisations étrangères ont suspendu leurs activités au Darfour au milieu d’une vaste controverse et des attentes d’expulsion des zones contrôlées par les Forces de Soutien Rapide.

Précédemment, le ministère soudanais des Affaires étrangères avait convoqué la coordinatrice résidente et humanitaire des Nations Unies au Soudan pour l’informer de ne signer ni conclure aucun accord ou mémorandum d’entente avec le gouvernement de la milice.