Les attaques éthiopiennes : entre convoitises et ambitions (2)

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Dr. Abdel Rahman Kamal Shomeina

Dans l’article précédent, nous avons évoqué les motivations qui ont poussé l’Éthiopie à s’engager dans l’attaque et l’agression contre le Soudan. Naturellement, ces attaques ont eu de nombreuses et importantes répercussions, à commencer par la position du gouvernement soudanais à travers les déclarations du porte-parole officiel des Forces armées, ainsi que du ministre des Affaires étrangères. Il y a été souligné la détention de preuves irréfutables et de confirmations militaires et numériques attestant de l’implication de l’Éthiopie dans ces attaques, et affirmant par conséquent que le Soudan est capable de repousser l’agression.

Beaucoup pensent que la riposte à l’agression doit se faire par le biais d’une action militaire. Or, à notre avis, cette option n’est pas envisageable, particulièrement en ce moment précis, et à la lumière du ciblage extérieur et de la division interne dont souffre l’État soudanais. Il est en effet déraisonnable d’ouvrir un nouveau front de combat avec un État qui soutient une rébellion interne non encore résolue.

Dès lors, la riposte visée peut prendre diverses formes ciblant la sécurité nationale éthiopienne dans tous ses aspects : économique, agricole, alimentaire, hydrique et social, d’autant plus que la réalité éthiopienne souffre de troubles et de divisions aiguës, ainsi que de groupes ethniques marginalisés et armés à la fois.

Les récentes attaques éthiopiennes contre l’aéroport de Khartoum ont suscité de nombreuses condamnations, en tête desquelles celle de l’Égypte. L’importance de cette condamnation réside dans le fait qu’elle est intervenue au niveau gouvernemental, mais aussi à travers la condamnation d’Al-Azhar Al-Sharif. Si l’on examine cette condamnation, il est indéniable qu’elle revêt des dimensions géopolitiques liées à la sécurité nationale de l’Égypte, ainsi qu’à la sécurité de la mer Rouge et de la région de la Corne de l’Afrique, en particulier après l’expansion israélienne via la reconnaissance du Somaliland, à laquelle les autorités ont répondu par l’ouverture d’une ambassade à Jérusalem occupée.

La sécurité de la Corne de l’Afrique ne peut se réaliser indépendamment du Soudan, en raison de son importance géographique et géopolitique. Le Soudan possède en effet plus de 853 kilomètres de côtes sur la mer Rouge, en plus de son rôle de corridor stratégique reliant l’est, l’ouest, le nord et le sud du continent sur le plan démographique, avec des structures sociétales étendues et interdépendantes qui constituent, sans aucun doute, l’une des menaces les plus graves pour la sécurité sociétale et, par conséquent, pour la sécurité nationale.

De même, nous constatons que la sécurité de cette région n’est pas uniquement liée aux États côtiers, mais qu’elle a des prolongements et des dimensions liés à des grandes puissances mondiales qui cherchent à imposer leur hégémonie économique sur cette voie navigable d’importance majeure. C’est pourquoi le conflit dans cette zone ne peut être lu indépendamment des événements au Soudan et au Somaliland, car le projet impérialiste est unique et ses objectifs sont bien définis, bien que ses stratégies et ses méthodes d’exécution varient en fonction des mutations. Le démantèlement du Soudan est l’un de ces objectifs.

Les soutiens de ce projet sont les Émirats arabes unis en tant qu’agent régional, et l’Éthiopie en tant qu’agent local africain, exécutant le plan. C’est pourquoi nous constatons qu’après les défaites subies par les Émirats au Yémen face aux forces saoudiennes et la construction de nouvelles alliances régionales menées par l’Arabie saoudite, l’Égypte, la Turquie, le Qatar et le Pakistan, Israël s’est empressé de reconnaître le Somaliland. De même, après les défaites infligées par l’armée soudanaise à la rébellion, l’Éthiopie a commencé à lancer ses attaques contre le Soudan