
Mort et disparition de 8,421 Soudanais en mer Méditerranée et dans le Sahara
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
L’Observatoire MASHAD a exprimé sa profonde inquiétude face à l’aggravation de la catastrophe humanitaire que subissent les Soudanais fuyant le conflit armé en cours au Soudan depuis le 15 avril 2023. Cette situation découle de la détérioration aiguë des conditions sécuritaires, humanitaires et économiques, ainsi que de la poursuite des vagues de déplacement et de refuge forcé, qui ont poussé des dizaines de milliers de personnes à emprunter des routes migratoires extrêmement dangereuses à travers le Sahara et la mer Méditerranée, à la recherche de protection et de sécurité.
Selon les données documentées par l’Observatoire MASHAD en collaboration avec ses partenaires, 4,119 Soudanais ont péri en mer Méditerranée, dont 311 enfants et 844 femmes, tandis que 3,100 Soudanais sont toujours portés disparus après avoir tenté de migrer via les différentes voies maritimes. L’Observatoire a également documenté la mort de 1,202 Soudanais dans le Sahara, parmi lesquels 477 enfants de moins de dix-huit ans et 269 femmes. Ainsi, le nombre de morts et de disparus documentés depuis le déclenchement de la guerre s’élève à au moins 8,421 personnes, avec de forts indices que le chiffre réel pourrait être bien plus élevé en raison de la difficulté d’accéder à de nombreuses victimes et personnes disparues le long des routes migratoires transfrontalières.
Les données indiquent par ailleurs la présence de plus de 57,000 Soudanais dans les prisons et centres de détention en Libye, en Tunisie, en Algérie, au Maroc et au Niger. Beaucoup d’entre eux vivent dans des conditions qui suscitent une vive inquiétude du point de vue des droits de l’homme, sur fond de rapports concordants faisant état de conditions de détention cruelles et de restrictions d’accès aux soins de santé, aux services de base et à la protection juridique, alors que les jeunes constituent la proportion la plus importante de ces détenus. Le communiqué de l’organisation a ajouté que l’Observatoire MASHAD confirme que ces chiffres représentent une autre facette de la guerre en cours au Soudan, et que les milliers de victimes englouties par les vagues de la mer, mortes dans le désert ou dont le sort reste inconnu, sont les victimes de la crise humanitaire exacerbée qui a poussé les civils à fuir la violence, l’insécurité et la détérioration des moyens de subsistance.
L’Observatoire MASHAD a appelé l’Organisation des Nations Unies, l’Union africaine, l’Union européenne, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à prendre des mesures urgentes et efficaces pour protéger les Soudanais bloqués sur les routes migratoires et dans les lieux de détention, à garantir leur accès à l’aide humanitaire, aux soins de santé et aux services juridiques, et à œuvrer pour trouver des voies sûres qui préservent leur vie et leur dignité humaine.
L’Observatoire appelle également à mener des enquêtes indépendantes et transparentes concernant les violations subies par les Soudanais le long des routes migratoires et dans les centres de détention, à lutter contre les réseaux de traite des êtres humains et de trafic de migrants, et à garantir la reddition de comptes et l’absence d’impunité pour quiconque dont l’implication dans l’exploitation des victimes ou la violation de leurs droits est prouvée.
L’organisation a poursuivi en déclarant que la perte d’au moins 8,421 Soudanais, entre morts et disparus depuis le début de la guerre, n’est pas seulement un chiffre dans le registre des tragédies humaines, mais un avertissement moral, juridique et humanitaire qui exige une action internationale immédiate. La poursuite du silence et de la lenteur face à cette catastrophe signifie davantage de vies gâchées et davantage de familles qui attendent leurs enfants sans espoir de retour.