
L’Érythrée, l’ami des temps difficiles
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Position
Dr. Hassan Mohamed Saleh
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
C’est aujourd’hui l’anniversaire de l’indépendance nationale de l’État d’Érythrée, plus connu sous le nom de libération de l’Érythrée. Le peuple érythréen se construit par lui-même, pleinement conscient des défis politiques et économiques auxquels il fait face. Le maître-mot de l’indépendance en Érythrée est l’autosuffisance et le détachement vis-à-vis de ce que possèdent les autres, en particulier ce que l’on appelle la communauté internationale et ses organisations régionales, notamment la Ligue des États arabes. L’Érythrée a d’ailleurs refusé d’adhérer à cette dernière, le président Isaias Afwerki l’ayant qualifiée de “club politique”. Pour autant, la non-appartenance de l’Érythrée à la Ligue arabe ne l’a pas isolée de la culture arabo-islamique ni des interactions humanitaires avec les pays arabes, la dernière en date étant la visite du président érythréen au Royaume d’Arabie saoudite. L’un des secrets de la résilience de l’Érythrée réside dans sa position géographique, bordée par la mer Rouge et ses ports historiques comme Massawa, ainsi que dans les hauts plateaux érythréens qui caractérisent ce pays et son peuple militant, dont j’ai eu l’honneur de célébrer l’une des fêtes nationales.
Mon commentaire sur cet événement était que le président érythréen porte le souci de la patrie et des défis qui menacent cette grande indépendance, pour laquelle le peuple a sacrifié des martyrs et des blessés de guerre au cours du plus long conflit colonial. Un conflit qui a dépassé le voisin éthiopien pour s’inscrire dans un complot régional et mondial, auquel les Érythréens ont fait face au prix de leur sang précieux.
L’anniversaire de l’indépendance de l’Érythrée revêt cette année une saveur de fidélité, de solidarité et de fraternité avec le peuple soudanais. L’Érythrée a ouvert ses frontières aux Soudanais fuyant l’enfer de la guerre déclenchée par la milice des Forces de soutien rapide contre l’armée et le peuple soudanais. Plus important encore est la résilience des Érythréens face à l’argent politique de l’État des Émirats arabes unis ; l’Érythrée n’a pas varié dans sa position de soutien à l’indépendance du Soudan et à ses institutions nationales, au premier rang desquelles figurent les forces armées. Les Émirats, grâce à leurs relations et à leurs fonds, ont réussi à implanter la milice terroriste des Dagalo dans tous les pays voisins du Soudan, à l’exception de l’Érythrée, qui est restée attachée à ses relations fraternelles et à son bon voisinage avec le Soudan, qu’elle a honorés comme il se doit.
Hommage à la formidable artiste Nada Al-Qalaa, qui a chanté lors de la fête de l’indépendance de l’Érythrée devant le président Isaias Afwerki et son peuple, exprimant par ses mots puissants les sentiments du peuple soudanais envers le gouvernement et le peuple érythréens. Hommage également à l’initiative “Merci l’Érythrée”, dirigée par le général Omar Ibrahim Nimr, un effort de longue date et continu depuis le début de la guerre. Il est d’ailleurs prévu que le président Isaias Afwerki visite le Soudan à l’invitation des responsables de cette initiative.
Nous félicitons le peuple érythréen pour sa fête nationale et l’anniversaire de son indépendance, et nous saluons cette patrie généreuse qu’est l’Érythrée libre. En vérité, l’Érythrée est l’ami des temps difficiles.