Action pénale au Kenya contre 10 dirigeants des Forces de soutien rapide

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Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

La plateforme kényane “Capital News” a révélé le dépôt d’une plainte pénale auprès du directeur des poursuites publiques au Kenya, réclamant l’ouverture d’une enquête et la poursuite en justice de dix personnes appartenant à la milice des Forces de soutien rapide, pour des accusations liées à la perpétration de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité durant le conflit continu au Soudan.
Selon la plateforme, le Réseau mondial d’action juridique (Global Legal Action Network) et le Centre africain d’études sur la justice et la paix ont déposé la plainte au nom de 12 victimes soudanaises, qui ont déclaré avoir été soumises à des violations comprenant la torture, le viol, la détention illégale, la violence sexuelle, le travail forcé et le meurtre, durant la période entre avril 2023 et mars 2025, dans différentes régions de Khartoum, dont la prison de Soba et le complexe d’Al-Riyad.
Cette démarche constitue la première tentative connue devant la justice kényane pour activer le principe de la compétence universelle dans une affaire relative à des crimes commis en dehors du territoire kényan. Il s’agit d’un principe juridique qui permet aux États, dans des conditions déterminées, de poursuivre les auteurs de crimes internationaux graves indépendamment du lieu de leur commission ou de la nationalité des parties concernées. Des rapports indiquent que certaines personnes dont les noms figurent dans la plainte seraient résidentes au Kenya ou y auraient des liens.
Le directeur exécutif du Centre africain d’études sur la justice et la paix, Mosad Mohamed Ali, a déclaré que cette étape donnait aux victimes et aux survivants “un espoir dans la lutte contre l’impunité”, tandis que la directrice exécutive du Réseau mondial d’action juridique, Antonia Mulvey, a considéré que le Kenya ne devrait pas être un refuge sûr pour les criminels de guerre, faisant référence aux conclusions des rapports de l’ONU concernant la perpétration par la milice de violations graves au Soudan.
Il est attendu que le directeur des poursuites publiques kényan tranche dans un délai de 30 jours sur la demande d’ouverture d’une enquête officielle, une décision qui pourrait constituer un précédent juridique concernant le rôle des tribunaux nationaux dans la poursuite des crimes internationaux commis hors de leurs frontières, comme elle pourrait ouvrir un nouveau chapitre dans les efforts de responsabilisation des accusés de violations durant la guerre soudanaise.