
Le phénomène Ardol… Entre liberté et chaos
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Avant le crépuscule
Abdelmalek Al-Naeem Ahmed
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Quiconque suit les discours et les déclarations de Moubarak Ardol, membre du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM) à travers ses diverses mutations, dénominations et même directions, lors de nombreuses occasions et prises de position, se doit de s’y arrêter longuement en raison de la transgression flagrante et de la confusion manifeste qu’ils contiennent entre liberté et chaos.
Moubarak Ardol est actuellement comptabilisé parmi les membres du Bloc démocratique, censé soutenir le gouvernement et l’armée dans la “bataille de la dignité”, plusieurs de ses dirigeants s’étant engagés au sein des forces conjointes aux côtés de l’armée. J’ignore si Ardol dispose d’une force significative combattant aujourd’hui dans cette bataille, mais il est clair que le conflit interne entre les composantes du Bloc démocratique et la scission survenue en son sein — après la participation de cinq de ses entités à la conférence initiée par le Comité des Cinq à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, et le refus de quatorze autres d’y participer — montre qu’après cette division au milieu du Bloc, et avant elle lors de la conférence de Berlin, chaque entité du Bloc s’est mise à « chanter pour sa propre Layla » (prêcher pour sa paroisse). Et la « Layla d’Ardol » semble des plus excentriques. C’est pourquoi je l’ai qualifiée de (phénomène) dans le titre de cet article, un phénomène qui exigeait un recadrage, une reddition de comptes et, avant cela, une évaluation réelle de ce qu’il profère et divague, afin de le peser à l’aune de ce qui est requis d’un dirigeant politique.
Moubarak Ardol prétend représenter une entité au sein du Bloc démocratique sans que personne ne connaisse le poids, la force ou l’influence de cette entité, car les critères de mesure des partisans et des soutiens ne s’obtiennent que par les urnes, ce qui ne s’est pas produit au sein de ces groupes qui prétendent constamment représenter un peuple laissé à son propre sort. Cela est particulièrement vrai après les différends d’Ardol avec plusieurs dirigeants du Mouvement populaire, depuis Malik Agar jusqu’à Yasir Arman, avant qu’il ne se retrouve seul à la tête d’un groupe dont personne ne sait rien du volume, tout en continuant à s’abriter derrière le Bloc démocratique depuis qu’il l’a rejoint, malgré ses désaccords répétés avec ses dirigeants.
Ardol a déclaré, en s’adressant à son groupe, que la milice rebelle des Forces de soutien rapide (FSR) dirigée par Hemedti, lorsqu’elle est venue à Khartoum, est venue pour réclamer son droit auprès de ceux qui l’ont opprimée et qui ont gouverné le Soudan pendant (66) ans. Il a lancé cela sans réaliser la portée de ses propos, ou peut-être en est-il pleinement conscient mais se soucie peu du préjudice causé à lui-même ou au pays. Ardol est même allé plus loin en affirmant que lui (c’est-à-dire le groupe des mouvements armés) et les siens sont tous opprimés par les gouvernants successifs du Soudan, et que les gouvernements ont tué leurs proches dans l’ouest du Soudan et même à Port-Soudan, les laissant déplacés et réfugiés. Pourtant, il sait pertinemment que cette guerre, déclenchée par la rébellion des FSR qu’il défend, a déplacé et tué tous les enfants du Soudan. De plus, des milliers de membres des forces armées et de mobilisés (Al-Mustanfirin) continuent de défendre toutes les zones occupées au Darfour, au Kordofan et au Nil Bleu, offrant noblement leur vie en sacrifice pour cette partie chère de la patrie, sans en tirer vanité ni causer de tort, contrairement à ce que fait Ardol.
Son appel est ainsi empreint d’un caractère tribal et raciste, véhiculant beaucoup de haine et de rancœur envers ceux qui ont gouverné le Soudan depuis l’indépendance, comme si Ardol n’avait jamais occupé un poste constitutionnel dans la gouvernance du pays… Son soutien à la rébellion dans ces circonstances et ses accusations de meurtre et de déplacement portées contre le gouvernement et l’armée à l’encontre de groupes qu’il a mentionnés dans son discours sont des affirmations qui défient la réalité et attisent la haine entre les enfants d’une même patrie.
Ses propos ne relèvent pas de la liberté disponible et accordée aux dirigeants politiques et militaires pour participer et exprimer leurs opinions de manière à préserver l’unité et la cohésion du pays, comme le font ses compagnons du Bloc tels qu’Agar, Minni, Jibril et Tambour. Il a plutôt outrepassé cela pour propager un discours de haine, distiller un esprit de racisme et soutenir la rébellion. Tout cela constitue des infractions et des transgressions punies par la loi.
Si Ardol s’imagine que ce qu’il ne cesse de répéter relève de la liberté d’opinion, il se berce manifestement d’illusions, car l’unité du front intérieur est la soupape de sécurité pour faire face à l’ennemi, alors que le discours d’Ardol va à l’encontre de tous ces objectifs.
Les États se construisent, prospèrent et se développent par la réalisation de la justice et la suprématie de la règle de droit, et par le fait que les gens sont égaux devant la loi, quels qu’ils soient. Par conséquent, il incombe au gouvernement de ne faire preuve d’aucune complaisance envers ce qui touche à la sécurité et à l’unité de la patrie, et de combattre le discours de haine et l’incitation aux querelles raciales par la loi et rien d’autre. D’autant plus que le pays a besoin, en ce moment précis plus que jamais, d’unir ses rangs et de renforcer son front intérieur.
Le phénomène Ardol et ses propos ne servent pas les objectifs de cette étape, mais s’emploient plutôt à les saper.