
Des hommes armés prennent le contrôle de Kaouda et chassent le gouvernement d’Al-Hilu
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Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
- Chute de (Kaouda), bastion d’ (Al-Hilu)
Des sources ont révélé, lundi, qu’un groupe qualifié par le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N) de « rebelle » a pris le contrôle de la ville de Kaouda, considérée comme le bastion de l’organisation armée, et en a chassé le gouvernement local.
Les différends relatifs à la démarcation des frontières entre les tribus des Shawaya et des Otoro dans la ville de Kaouda et ses environs ont dégénéré en affrontements armés, tandis que le Mouvement populaire a classé comme « rebelles » des dirigeants appartenant à la tribu des Otoro qui avaient rejeté les procédures de démarcation.
Le 8 mai dernier, le Mouvement populaire avait reconnu avoir mené des opérations militaires dans des zones habitées par la tribu des Otoro, affirmant que ces opérations visaient à poursuivre des éléments « rebelles ».
Des sources locales ont déclaré à (Sudan Tribune) que le groupe qui s’est rebellé contre la direction du Mouvement populaire, et qui appartient à l’ethnie Otoro, a largement pris le contrôle de la ville de Kaouda et a expulsé le gouvernement local.
Les sources ont rapporté que le groupe d’opposition a incendié les résidences de responsables gouvernementaux, y compris celle du secrétaire du Mouvement populaire, Ammar Amoun Daldoum, qui occupe également le poste de ministre des Affaires étrangères au sein du gouvernement affilié aux Forces de soutien rapide.
Elles ont précisé que les destructions ont touché la maison du gouverneur par intérim de la région des monts Nouba, Daoud Ashaya, ainsi que le saccage du siège principal du gouvernement, de plusieurs églises et de locaux d’organisations locales.
Les mêmes sources ont évoqué l’échec de toutes les médiations visant à apaiser la situation, y compris une médiation menée par des dirigeants de l’État du Soudan du Sud, qui appelait à désamorcer la crise et à engager un dialogue avec les communautés locales des monts Nouba dans le but de parvenir à un accord satisfaisant concernant la démarcation des frontières entre les tribus.
En contrepartie, le gouvernement de la région du Sud-Kordofan/monts Nouba, relevant du Mouvement populaire, a accusé le groupe rebelle d’avoir perpétré une série de violations contre les civils dans le département de Heiban, comprenant des meurtres, des enlèvements, des pillages et des incendies de biens.
Le gouverneur de la région des monts Nouba a déclaré, dans un communiqué, que des hommes armés appartenant au groupe avaient exécuté, le 5 juin courant, un fonctionnaire gouvernemental et un élève du secondaire après les avoir conduits vers l’un de leurs sites militaires. Il les a également accusés d’avoir lancé une attaque contre le marché supérieur de Kaouda le 8 juin, entraînant la mort de six civils et l’incendie complet du marché.
Il a mentionné que trois enseignants de l’Institut de formation politique et de leadership ont disparu depuis le 18 juin courant, après avoir été emmenés du siège de l’institut vers une destination inconnue. Il a aussi accusé le groupe d’avoir assassiné le vicaire de l’Église catholique, le révérend Yuhanna Al-Amine Naroum, ainsi que deux autres gardes le 19 juin.
Le gouvernement de la région a imputé au groupe l’entière responsabilité de la détérioration des conditions de sécurité et des violations contre les civils, affirmant qu’il continuerait à prendre les mesures nécessaires pour protéger les citoyens et poursuivre les personnes impliquées dans les actes de violence.
Dans ce contexte, le Mek (chef traditionnel) de la tribu des Otoro, Koko Al-Dageel Dangla, a déclaré dans un enregistrement vidéo qu’il craignait que des éléments liés à l’ancien régime ne soient derrière les événements actuels à Kaouda, estimant que ce qui se passe porte les stigmates des violations qu’a connues la région durant les années de guerre, notamment l’incendie de villages, le déplacement forcé et le ciblage des civils.
Dangla a indiqué que la tribu des Otoro faisait l’objet de ciblages et de pressions aux abords de Kaouda, niant la responsabilité du Mouvement populaire dans ces violations, et accusant des individus venus, selon lui, d’autres régions vers les monts Nouba d’exécuter les actes de violence actuels.
Le chef traditionnel a critiqué les déclarations et les communiqués des autorités régionales des monts Nouba concernant les événements et l’accusation d’opposition armée portée contre les Otoro. Il a nié l’implication des membres de sa tribu dans des meurtres ou une rébellion contre le Mouvement populaire, soulignant que leurs actions s’inscrivent dans le cadre de la défense de leurs régions et de leurs communautés locales. Dangla a par ailleurs accusé des parties internes au Mouvement populaire d’être responsables de certains incidents de sécurité récents, y compris le meurtre d’un homme d’Église chrétien. Un ecclésiastique et deux employés d’une église de la ville de Kaouda ont été tués lors d’une attaque armée survenue le week-end dernier.