
L’Émirats arabes unis libèrent un politicien soudanais après 19 mois de détention
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Les autorités émiratiennes ont libéré, samedi, le membre influent de la scène politique soudanaise, Mohamed Farouk Souleyman (ancien vice-président du Parti de l’Alliance nationale soudanaise et membre fondateur des Forces de la liberté et du changement), après une période de détention d’environ 19 mois sans inculpation officielle ni procès public. Dès sa libération, Farouk est arrivé dans la ville de Port-Soudan.
Les milieux politiques et les campagnes de solidarité soudanais établissent un lien entre l’arrestation de Farouk et ses positions politiques fermes. Il figurait en effet parmi les voix les plus virulentes à critiquer publiquement le rôle émiratien dans le conflit soudanais, mettant en garde contre les répercussions de l’ingérence d’Abu Dhabi et de son soutien logistique et militaire à la milice des Forces de soutien rapide.
Ses camarades ont considéré cela comme le motif principal de son ciblage, qui s’inscrit dans un schéma plus large de restrictions exercées contre les militants soudanais opposés à la milice aux Émirats arabes unis.
En revanche, les autorités émiratiennes avaient indiqué en avril 2025 que Farouk faisait l’objet d’une enquête pour « insulte au président de l’État » sur les réseaux sociaux, une accusation rejetée par les campagnes civiles qui ont affirmé l’illégalite de son arrestation.
Les faits remontent au 19 janvier 2025, lorsque les services de la sécurité de l’État émiratien ont arrêté Farouk à l’aéroport de Dubaï alors qu’il s’apprêtait à partir pour la capitale kényane, Nairobi, afin de participer à des réunions de forces politiques soudanaises.
Amnesty International a pris en charge l’affaire en urgence, menant des appels internationaux pour exiger sa libération immédiate et garantir sa santé, d’autant plus qu’il avait été arrêté alors qu’il se remettait d’une opération chirurgicale complexe.
Au niveau populaire, la « Coordination de la campagne pour la libération de Mohamed Farouk », présidée par le porte-parole officiel Magdi Hassan, a mené une vaste mobilisation comprenant l’organisation de conférences et d’événements liés aux droits humains pour rejeter cette arrestation arbitraire et exiger qu’il soit traduit devant un tribunal équitable ou libéré.
Il convient de noter que la libération de Mohamed Farouk Souleyman et son départ pour Port-Soudan ont été accueillis par un large soulagement de la part des forces civiles et des droits humains soudanaises, qui ont considéré sa résistance comme une victoire pour les revendications populaires visant à mettre fin aux restrictions de la liberté d’opinion et d’expression.
À l’inverse, le parti auquel appartient Mohamed Farouk et la coalition plus vaste (Sumoud) — la coalition de l’ancien Premier ministre Abdalla Hamdok — sont restés silencieux quant à la demande de sa libération malgré les bonnes relations qu’entretient Sumoud avec les Émirats arabes unis, alors que des informations persistantes indiquent que l’arrestation aurait eu lieu à la demande de la coalition de Hamdok.