Guterres : La paralysie du Conseil de sécurité a laissé le Soudan seul face à l’holocauste

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a adressé des critiques parmi les plus violentes du genre à l’encontre du système international, affirmant que le Conseil de sécurité de l’ONU a été frappé d’une « paralysie presque totale » qui l’a empêché de prendre toute mesure concrète pour arrêter la guerre faisant rage au Soudan, tout en avertissant que cette incapacité internationale pousse l’ordre mondial vers l’effondrement.
Il a expliqué, dans un entretien exclusif accordé au journal britannique Financial Times, que les vives divisions géopolitiques et les profonds conflits entre les grandes puissances au sein du Conseil de sécurité ont empêché l’élaboration d’une vision unifiée ou décisive capable de retenir l’élan de la guerre soudanaise.
Il a souligné que la paralysie de l’ONU a ouvert la voie à une ingérence flagrante de la part de puissances internationales et régionales, des parties extérieures s’étant obstinées à alimenter les lignes de front par l’injection et la fourniture d’armes et d’équipements militaires de pointe aux parties en conflit, profitant de l’absence de tout moyen de menace international.
Il a déclaré que l’absence d’un Conseil de sécurité fort, imposant le respect du droit international, a conféré aux parties au conflit et aux États qui les soutiennent un faux sentiment d’impunité, encourageant ainsi la poursuite de graves violations à l’encontre des civils sans défense, sans crainte de devoir rendre des comptes ni de faire l’objet de poursuites judiciaires.
Il a indiqué que ce qui se passe au Soudan constitue un reflet direct du recul du prestige du système onusien et de l’érosion du droit international humanitaire. Il a précisé que l’incapacité du Conseil de sécurité à protéger les civils lors de telles crises majeures envoie un message dangereux au monde, selon lequel les mécanismes de sécurité collective ne sont plus en mesure de protéger les innocents ni de dissuader les agresseurs.