
Et après, quoi d’autre suite à l’échec de la prolongation des conditions de la résolution 1591 ?
Avant le crépuscule
Dr. Abdel Malek Al-Naeem Ahmed
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Les États-Unis d’Amérique ont cherché, par l’intermédiaire du Danemark et de certains pays de l’Union européenne gravitant dans leur orbite, à faire passer de nouvelles résolutions et à ajouter des clauses permettant d’étendre les prérogatives de la résolution (1591), adoptée précédemment au sujet des sanctions imposées au Soudan en interdisant le survol dans le ciel de la région du Darfour et en suspendant l’exportation d’armes vers le Soudan, sur la base de l’accusation des violations de l’armée nationale au Darfour, et non en raison du crime des violations de la milice et des mercenaires dans la région — depuis l’assassinat du gouverneur Khamis Abakar, la mutilation de son corps et l’enterrement vivant de membres des Massalit, jusqu’aux violations d’El-Fasher, l’assassinat de milliers de personnes et le déplacement de millions de leurs foyers.
Si seulement le Conseil de sécurité s’en était tenu à sa résolution et avait trouvé les mécanismes lui permettant de la mettre en œuvre sur le terrain ; car malgré l’adoption de cette résolution, la région du Darfour est restée un vaste marché pour le trafic d’armes, tant à l’importation qu’à l’exportation et à l’utilisation pour tuer des innocents, tout comme l’aviation affrétée par l’État des Émirats arabes unis, sous toutes ses formes, n’a cessé de sillonner le ciel du Darfour, transportant armes, matériel de guerre et mercenaires pour alimenter la guerre au Soudan en soutien à la milice et à la famille Daglo.
Le Conseil de sécurité a même échoué, par le biais des organisations de l’ONU dites humanitaires, à fournir de la nourriture et des médicaments aux victimes de la guerre parmi les déplacés. Si tel est l’état de sa précédente résolution, qu’il s’est vrai incapable de concrétiser sur le terrain, quelle est donc l’utilité de toute nouvelle résolution qu’il adopterait ou de la prolongation des prérogatives de cette même résolution ? Le Soudan ne redoute plus aucune résolution promulguée par le Conseil de sécurité ou émise par l’Amérique, car elles ont déjà été éprouvées.
Les États-Unis d’Amérique se sont entraînés, comme à leur habitude, aux côtés du groupe (Sumoud, Gahat et Tasis), cette fois sous le coup de l’accusation portée contre l’armée soudanaise selon laquelle elle utiliserait des armes chimiques prohibées contre les citoyens. C’est pourquoi ils ont appelé à une audition du Conseil de sécurité pour imposer de nouvelles sanctions au Soudan, par l’interdiction de l’aviation et le veto sur l’exportation d’armes vers le Soudan dans toutes ses parties, et non au Darfour uniquement, ce qui signifie une prolongation des prérogatives de la résolution (1591).
L’Amérique, source de cet appel en exploitant le Conseil de sécurité — devenu l’un de ses bras armés pour réprimer les États qu’elle estime mériter des sanctions —, a échoué à fournir la moindre preuve que l’armée soudanaise a utilisé des armes chimiques interdites. Elle a même rejeté l’appel du Soudan à former une commission d’enquête sur cette accusation précise, à visiter le Soudan et à s’entretenir avec la commission nationale constituée initialement à cet effet. Malgré cela, elle a persisté à prétendre être dans son droit, ce qui l’a poussée à convoquer cette session du Conseil de sécurité aux buts et objectifs évidents ; mais comment pourrait-elle obtenir ce qu’elle veut, alors que l’Histoire en est témoin ?
La session ne s’est pas déroulée comme l’Amérique le voulait et l’avait planifié par l’intermédiaire de son envoyé pour le Moyen-Orient et l’Afrique, Mossad Boulos. La première menace pesant sur la session est venue du délégué de Moscou au Conseil de sécurité, qui a déclaré qu’il utiliserait son droit de veto pour bloquer toute résolution contre le Soudan. Est intervenu ensuite le discours ferme du représentant permanent de la République arabe d’Égypte auprès des Nations Unies, soutenant le Soudan, attaché à son unité et à son intégrité territoriale, inscrivant une reconnaissance totale de ses institutions existantes, militaires et civiles, et rejetant la mise sur un pied d’égalité d’une armée nationale légitime défendant l’indépendance de son pays et de ses citoyens, et d’une milice rebelle composée de mercenaires achetés avec de l’argent pour tuer un peuple innocent. Le délégué de l’Égypte a appelé dans son discours à l’arrêt du flux d’armes provenant de l’extérieur qui alimente la guerre, considérant cela comme la première étape du soutien au Soudan et de l’arrêt de la guerre.
Fidèle à son habitude, le représentant permanent du Soudan auprès des Nations Unies, l’ambassadeur Al-Harith Idriss, a prononcé un discours cohérent, puissant et transparent, appuyé sur des informations réelles, expliquant la situation tragique laissée par la guerre, désignant nommément les États soutiens de la milice et de la rébellion, et mettant l’accent sur la faiblesse et le relâchement de la communauté internationale et du Conseil de sécurité lui-même face à ce qui se passe au Soudan.
Il a même pointé l’incapacité du Conseil de sécurité à exécuter jusqu’à ses propres résolutions prises antérieurement concernant la trêve humanitaire, l’acheminement de l’aide et même l’embargo sur les armes au Darfour.
Le discours de l’ambassadeur Al-Harith s’est concentré sur tout ce qu’a accompli le gouvernement soudanais, les efforts qu’il a déployés, son acceptation des conclusions de la plateforme de Jada, sa présentation d’une feuille de route claire pour résoudre le problème au Soudan, les étapes qu’il juge nécessaires pour arrêter la guerre, ainsi que les conditions du peuple soudanais concernant la démobilisation et l’intégration des rebelles des Forces de soutien rapide.
Le discours d’Al-Harith a confirmé que le dysfonctionnement réside au sein des institutions du Conseil de sécurité et de ses États membres, dont certains assimilent une armée nationale et des institutions légitimes à des mercenaires et à une milice venue de la diaspora d’Afrique, de Colombie et d’ailleurs, combattant pour de l’argent.
En conclusion, nous disons qu’il est devenu évident que les raisons du refus de (Sumoud et de Gahat) d’accepter l’invitation au dialogue soudano-soudanais à l’intérieur du pays sous des prétextes fallacieux et non fondés ont été démasquées, car ils meublaient leurs espoirs sur l’Amérique et le Conseil de sécurité pour qu’ils imposent davantage de sanctions au Soudan et les ramènent une seconde fois au centre de l’échiquier selon leurs propres conditions. Mais leur attente a été déçue par l’incapacité de l’Amérique à réaliser ce qu’ils désiraient et par l’opinion du peuple soudanais à leur sujet, sur leurs pratiques et leur soutien à ses ennemis parmi la milice et les mercenaires.
C’est pourquoi le gouvernement et la direction actuelle de l’État doivent élever la voix pour affirmer que le dernier mot revient au peuple soudanais et à ceux qui portent aujourd’hui leur vie au bout de leurs mains pour défendre la terre, le territoire et l’honneur, et non à ceux qui arpentent le monde en réclamant la tenue du dialogue hors du Soudan après que l’État agresseur des Émirats arabes unis s’est engagé à prendre en charge la totalité des frais, à condition que les résultats soient en sa faveur et servent son projet conspirationniste dans la région.