
ONU : Des quartiers de Khartoum transformés en « ville fantôme » marquée par les incendies et l’obscurité
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) a déclaré que les femmes du Soudan continuent de « porter leur patrie sur leurs épaules », s’efforçant d’assurer une vie digne pour elles-mêmes et pour leurs enfants, malgré la poursuite de la guerre et de l’insécurité qui planent sur le pays. Andrew Saberton, directeur exécutif adjoint du FNUAP chargé de la gestion, a déclaré aux journalistes à Genève, depuis Le Caire, qu’il avait vu, lors de sa récente visite au Soudan, « un pays qui tente de revivre, même en pleine guerre ».
M. Saberton a souligné que l’aide humanitaire constitue une bouée de sauvetage pour les Soudanais et qu’il est impératif de financer les appels humanitaires. Il a averti qu’en l’absence d’un soutien urgent, le FNUAP serait contraint de réduire davantage l’ampleur de son aide et de ses services, ajoutant que les services de protection ne sont actuellement financés qu’à hauteur de 20 %, tandis que le taux de financement des services de santé ne dépasse pas 14 %.
Il a décrit certains quartiers de la capitale, Khartoum, comme une « ville fantôme » envahie par les bâtiments incendiés et l’obscurité, ajoutant : « Pourtant, les gens y retournent, car personne ne souhaite rester indéfiniment dans des camps de déplacés ».
Il a indiqué que les camps situés dans l’est du Tchad, qu’il a également visités récemment, offrent un refuge temporaire aux Soudanais qui ont fui leur pays, et que le gouvernement ainsi que les acteurs humanitaires font de leur mieux pour les soutenir. Il a toutefois ajouté : « Mais ne vous y trompez pas. Ce sont des endroits misérables pour vivre. Dans l’un des camps, la salle d’accouchement accueillait environ 30 naissances par jour dans des conditions sanitaires extrêmement déplorables, et dans de nombreux cas, sans anesthésie. De plus, 10 % de ces accouchements se faisaient par césarienne. Aucune femme ne devrait être contrainte d’accoucher dans de telles conditions ».
Il a mentionné que le Fonds contribue à la reconstruction de l’hôpital Al-Dayat à Khartoum, en le dotant du personnel médical et des équipements nécessaires, pour en faire « l’un des plus grands hôpitaux de maternité d’Afrique, capable de prendre en charge plus de 50 accouchements par jour, et, pour la première fois, il offrira ses services gratuitement grâce aux investissements gouvernementaux ». Il a ajouté : « Ces types de services rendent le retour possible, car lorsque les gens ont le choix, ils préfèrent toujours rentrer chez eux ».
M. Saberton a réaffirmé que le point de départ vers la reprise réside dans un cessez-le-feu durable et une paix permanente, soulignant que le processus de reconstruction, une fois cette paix concrétisée, exigera des investissements massifs dans les domaines de la protection de la santé et des autres services civils.