Campagne féroce : arrestation de centaines de Soudanais en Libye et traques dans les rues

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Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

 

Les Soudanais en Libye, en particulier dans l’est du pays sous l’autorité de Khalifa Haftar, font face à une féroce campagne d’arrestations menée par les autorités libyennes sous prétexte de lutter contre la contrebande, l’asile et l’immigration clandestine. Lundi dernier, les autorités libyennes ont arrêté des centaines de réfugiés soudanais dans la ville de Tobrouk, dans l’est de la Libye, parallèlement à des appels à manifester contre les étrangers jeudi devant le siège du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à l’est de la capitale, Tripoli.

Plusieurs réfugiés soudanais en Libye ont déclaré que les autorités de l’est du pays avaient lancé une vaste campagne ayant mené à l’arrestation de près de 1 400 migrants, dont des centaines de réfugiés soudanais, dans les villes de Tobrouk, d’Al-Butnan et d’autres localités libyennes, avant de les transférer vers des centres de détention relevant du Service de lutte contre l’immigration clandestine.

Selon les dernières statistiques du HCR pour l’année en cours, la Libye accueille environ 500,000 réfugiés soudanais. Parmi eux, 193,000 résident dans la municipalité d’Al-Koufra, frontalière avec le Soudan, 80,000 dans la capitale, Tripoli, et 10,000 à Benghazi. De plus, la ville de Misrata accueille plus de 7,248 réfugiés, Zaouïa 6,190 réfugiés, et Al-Jafara 20,443 réfugiés. Dans l’est du pays, Derna en compte 5,642, Tobrouk 5,768, et Al-Jabal al-Akhdar 3,822 réfugiés.

Un membre de la communauté soudanaise en Libye, ayant requis l’anonymat, a expliqué à “Darfur24” que les campagnes d’incitation contre les étrangers et les appels à leur expulsion ont intensifié le harcèlement à leur encontre. Cela s’accompagne de la diffusion d’informations négatives sur les réseaux sociaux, ainsi que d’appels à les agresser et à les forcer à quitter le pays. Dans une séquence vidéo publiée sur les réseaux sociaux, un citoyen libyen a appelé à l’expulsion des étrangers, en particulier des réfugiés soudanais originaires de la région du Darfour, les qualifiant de « gangs criminels internationaux ».