
La conférence d’Addis… s’en va comme les autres !!
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Les Couleurs de la Vie
Salah Omar El – Cheikh
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
En noir : Pourquoi certaines organisations politiques s’obstinent-elles à participer à de telles conférences, alors qu’il est évident qu’elles ne mènent à rien ? En effet, elles se terminent avant même d’avoir commencé et ne font qu’envenimer les divisions entre les factions soudanaises, au lieu de les aider à trouver des terrains d’entente pouvant mener à un dialogue inter-soudanais.
Mieux encore, pourquoi le mécanisme quintuor s’entête-t-il à organiser ce genre de conférences qui débutent par l’exclusion ? Et de la part de qui ? De Taqadoum et de ses semblables. Le plus étrange, c’est qu’Ardol et d’autres se soient joints à eux, adoptant ainsi une posture en totale contradiction avec leurs positions passées où ils rejetaient l’exclusion, d’où qu’elle vienne.
La question qui se pose est la suivante : quels sont les résultats de cette rencontre qui n’a même pas réussi à réunir ses invités autour d’une même table, tant le rejet était général de la part de tous ? Par conséquent, ce qu’on prétend avoir été convenu aurait très bien pu se faire en ligne, et il n’y avait aucun besoin d’organiser cette rencontre vouée à l’échec.
L’une des raisons majeures de cet échec réside probablement dans le lieu même de la réunion : l’Éthiopie. Celle-ci est accusée de soutenir la milice, d’héberger ses camps d’entraînement, et c’est de son territoire que décollent les drones vers le Soudan. Dès lors, comment un État impliqué dans la guerre contre le Soudan pourrait-il faire office de médiateur pour y mettre fin ?
Les fractures qui sont apparues au grand jour à Addis-Abeba au sein des blocs et des organisations politiques, avec leurs divergences de positions, sont habituelles chez ces structures de façade. Bien qu’elles aient un certain poids, elles partagent toutes cette fâcheuse tendance à la division et au fractionnement.
L’une des contradictions et des divisions les plus frappantes s’est incarnée dans la posture de Sally Zaki, affiliée au Parti unioniste démocratique et au Bloc démocratique. Ce dernier avait annoncé qu’il boycotterait ces réunions, et Sally elle-même l’avait proclamé depuis le Soudan. Pourtant, quelques heures plus tard, elle apparaissait à Addis-Abeba pour participer aux réunions au nom du Bloc démocratique et s’exprimer en son nom. Puis, avant même que l’écho de sa voix ne s’estompe, elle a annoncé sa démission et son retrait définitif de la vie politique. C’est là une posture qui résume parfaitement l’état d’esprit des politiciens soudanais.
Quels que soient les résultats de la conférence d’Addis et des sommets similaires — qui n’ont d’ailleurs rien produit de notable si ce n’est des répétitions stériles —, cela confirme que le dialogue inter-soudanais ne pourra réussir que s’il se tient à l’intérieur du Soudan, loin des agendas étrangers et de leurs partisans, et sans l’exclusion d’aucune organisation nationale.
Ce qui est requis aujourd’hui, c’est que les partis politiques et les organisations nationales retiennent cette leçon de patriotisme pour appeler à un dialogue soudano-soudanais à l’intérieur du pays, sans conditions préalables ni catégorisations, afin de parvenir à un accord sur des principes nationaux immuables, gages d’une stabilité politique et d’un consensus national durable.