
Les ambassadeurs de l’Union européenne et les messages d’Al-Burhan
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Avant le crépuscule
Abdelmalek Al-Naeem Ahmed
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
L’Union européenne, avec ses quatorze membres, restée présente sur la scène soudanaise non seulement depuis le début de la guerre le 15 avril 2023, mais bien avant cela, en particulier pendant les journées de contestation pour le changement qui ont débuté en 2018… Cependant, son rôle s’est amplifié de manière non positive et ne s’est pas joué en faveur du Soudan durant les années de guerre, et cela continue. En effet, la présence de l’Union européenne au sein de ce que l’on a appelé le “Comité Quint partite” – qui l’a regroupée aux côtés des Nations Unies, de l’Union africaine, de la Ligue arabe et de l’IGAD, et qui a tenu sa dernière conférence sur le Soudan dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba – n’est pas loin des esprits. Avant cela, la présence de plusieurs de ses pays au Conseil de sécurité et au sein du “Comité quadripartite” confirme son implication dans ce qui est arrivé au Soudan, que ce soit par un soutien politique direct à la rébellion, par l’intermédiaire de certains de ses pays, ou parfois par le silence face aux agissements de la milice des Forces de soutien rapide à l’encontre du citoyen soudanais durant les années de guerre : tueries, déplacements, exodes, refuges, et perpétration de tous les crimes de guerre. Tout cela viole le droit international que l’Union européenne et le groupe Quint partite prétendent protéger et préserver, mais la réalité et les violations des droits de l’homme survenues au Soudan suffisent à démentir toutes ces allégations onusiennes, émanant de ses diverses institutions, instances et organisations.
Il se peut que la délégation de l’Union européenne, représentée par les ambassadeurs de quatre pays au Soudan, pris conscience de la gravité des violations et des crimes de la milice rebelle des Forces de soutien rapide au Soudan. Il se peut également qu’ils aient réalisé, à travers les rapports présentés par les ambassadeurs du Soudan dans les forums internationaux et régionaux concernant ces exactions, que ces crimes ne doivent pas être passés sous silence.
Il se peut aussi que les ambassadeurs de l’Union européenne aient compris que ce qui a frappé la rébellion sur le champ de bataille au Soudan, ainsi que les divisions et les fragmentations qui ont brisé l’épine dorsale de la rébellion, imposent d’examiner ce qui se passe sous un autre angle, après avoir perdu l’espoir de voir la rébellion servir d’outil pour réaliser les objectifs onusiens parrainés par l’État des Émirats via un soutien direct à la rébellion et en exploitant les pays de la région pour réaliser l’infraction requise… À tout cela s’ajoute le large soutien populaire dont a bénéficié l’armée nationale, ainsi que la détermination à libérer l’ensemble du territoire national de la rébellion et le rejet de toutes les trêves proposées avant le retrait de la rébellion des positions qu’elle occupe.
L’échec de toutes les conférences parrainées par ces instances internationales et régionales à atteindre le seuil minimal des objectifs escomptés a peut-être poussé ces ambassadeurs à réévaluer la situation et les positions, et par conséquent, à changer d’outils et de moyens, et non pas, bien sûr, à changer de politiques… Ainsi, de la conférence de Paris à celles de Londres et de Berlin, puis les réunions de Nairobi et enfin d’Addis-Abeba, le bilan semble nul et sans valeur malgré le gaspillage d’argent, d’efforts et de temps. La raison de l’échec de toutes ces conférences est une et unique : elle réside dans l’exclusion du gouvernement soudanais de la participation et son éviction des invitations à y assister, ignorant délibérément l’élément le plus important du succès, à savoir la garantie d’un mécanisme d’exécution des résultats de toutes ces conférences, lequel se trouve entre les mains du gouvernement soudanais. Nul être, quel qu’il soit, ne peut dicter ses conditions et demander au gouvernement de signer aveuglément.
Pour tout ce qui précède, la visite de la délégation des ambassadeurs des pays de l’Union européenne est intervenue cette semaine au Soudan, avec des rencontres distinctes avec le président du Conseil de souveraineté, le général d’armée Abdel Fattah Al-Burhan, et le docteur Kamel Idriss, Premier ministre… Après des explications approfondies sur ce qui se passe au Soudan, d’une part concernant les crimes et les violations, d’autre part concernant les efforts, les initiatives et les réunions pour une solution politique, et enfin concernant l’avancée militaire sur le terrain, les visions des directions militaire et civile se sont accordées sur les modalités des solutions. Celles-ci consistent à revenir à la feuille de route que le gouvernement a déposée auprès des Nations Unies, ainsi qu’aux messages clairs que le président Al-Burhan a placés dans les mallettes diplomatiques de la délégation européenne en visite.
Les messages du président étaient clairs, le premier étant que le Soudan rejette catégoriquement toute ingérence dans ses affaires intérieures, que toutes les solutions doivent être purement soudanaises, et que le dialogue attendu doit être exclusivement soudano-soudanais entre les forces politiques et sociales du Soudan, se déroulant à l’intérieur du territoire soudanais. Si la communauté internationale souhaite contribuer à la solution, elle doit commencer par le soutien humanitaire aux victimes de la guerre, soutenir les orientations et les visions du gouvernement et du peuple du Soudan, accepter ses conditions et respecter son point de vue… De plus, la communauté internationale doit condamner quiconque soutient la rébellion, classer les Forces de soutien rapide comme organisation terroriste, et arrêter immédiatement tout flux d’armes et de matériel de guerre, qui constitue aujourd’hui le carburant de cette guerre et ce qui en prolonge la durée, tout en punissant tous les soutiens de la guerre.
En conclusion, nous disons qu’il n’y a plus de place pour le déni de la part de l’Union européenne ou de quiconque au sein du groupe Quint partite concernant la réalité des crimes de guerre et des violations qui se déroulent au Soudan. Plus important encore, ils connaissent désormais la vision du Soudan pour une solution, s’ils sont sérieux et soucieux. La communauté internationale retiendra-t-elle la leçon apprise avant le sacrifice de demain ?