La milice dirige un réseau de trafic de drogues, d’armes et d’or en Afrique

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Une étude publiée par le magazine italien Nigrizia a mis en lumière un réseau étendu de trafic d’armes, d’or et de carburant, s’étendant des zones sous le contrôle de la milice des Forces de soutien rapide au Soudan, en passant par la Libye, le Tchad et la République centrafricaine, jusqu’au Niger, au Mali et à d’autres régions du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest. L’étude a expliqué que le réseau de contrebande a restructuré ses parcours depuis 2024, en tirant profit des zones désertiques et frontalières, soulignant que la ville de Koufra, dans le sud-est de la Libye, constitue l’un des principaux points de transit de ce réseau.
Selon l’étude, le renforcement du contrôle sur la route d’Omjarass au Tchad a amené la milice à s’appuyer davantage sur une piste d’atterrissage située à environ 75 kilomètres au sud-ouest de Koufra, où la région a accueilli des avions de transport d’armes, principalement de type « Ilioouchine-76 », transportant des combattants, des armes et du matériel militaire.
Elle a mentionné que la piste d’atterrissage est sous le contrôle de la brigade Sobol Al-Salam, précisant que la moyenne des vols y ayant transité au cours des mois de mars et avril 2025 a atteint environ 15 vols par mois.
Elle a ajouté que Koufra s’est transformée en un point logistique pour la réception d’armes, de munitions et de combattants, avant le réacheminement d’une partie d’entre eux vers les zones de conflit au Soudan, ou vers les marchés d’armes dans la région du Sahel.
Selon l’étude, les itinéraires de trafic d’armes s’étendent de Koufra jusqu’à Oubari, Ghat et la passe de Salvador, avant d’atteindre le Niger et le Mali, et comprennent des cargaisons de mitrailleuses et de lance-roquettes portables, dont l’étude a indiqué que certaines sont parvenues à des groupes liés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et à l’État islamique dans le Grand Sahara.
L’étude a également observé un commerce parallèle comprenant l’or, le carburant, les véhicules et les drogues comme moyens de paiement pour la valeur des armes, soulignant l’augmentation de leurs prix à mesure qu’ils se déplacent le long des routes de contrebande.
Elle a expliqué que le prix d’une mitrailleuse « Douchka » peut passer de 5 000 dollars près de la frontière du Darfour à 10.000 dollars à Fouwar en Libye, tandis que le prix d’un fusil « Kalachnikov » peut dépasser 1 000 dollars à Kouri Bougoudi après avoir été vendu environ 500 dollars dans le nord du Tchad.
L’étude a également abordé le transfert de combattants étrangers à travers le territoire libyen, faisant référence à des rapports de l’ONU évoquant le rôle de la brigade Sobol Al-Salam dans le transfert de centaines de combattants de Koufra vers le Soudan.
Elle a en outre mis en évidence l’essor du trafic de drones, signalant un rapport de l’ONU mentionnant que l’État islamique en Afrique de l’Ouest s’attendait à recevoir 25 drones en provenance du Soudan, dans le but de les utiliser pour la reconnaissance et des opérations offensives après modification.
Selon l’étude, les chemins de trafic d’armes constituent désormais un réseau régional transfrontalier reliant le Soudan à la Libye, au Tchad, au Niger et au Mali, et fournissant des canaux pour le transfert d’armes, de combattants et de drones vers les zones de conflit et les groupes armés du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, d’après le magazine italien Nigrizia.