
Sous parrainage international : Les partisans du gouvernement et les Janjawids à la même table pour la première fois depuis la guerre
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Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Des forces politiques soudanaises ont annoncé leur participation à une réunion qui se tiendra mercredi et jeudi dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, concernant le lancement d’un dialogue soudano-soudanais. Cette rencontre est supervisée par le mécanisme quintuple (le Quintet), qui comprend les Nations Unies, l’Union africaine, l’Union européenne, la Ligue arabe et l’organisation IGAD. Pour la première fois, la réunion rassemble les forces politiques soutenant le gouvernement et celles qui soutiennent la milice des Forces de soutien rapide, en plus des forces qui prétendent rejeter la guerre.
Il est attendu que les participants s’accordent sur un comité préparatoire chargé de planifier le lancement du dialogue soudano-soudanais. Parallèlement, de vives dissensions ont éclaté au sein du Bloc démocratique (pro-gouvernemental) en raison de la participation aux réunions du Quintet. Alors que le responsable politique du bloc a annoncé leur participation aux réunions, plusieurs organisations et partis composants le bloc publié un communiqué dans lequel ils se sont désolidarisés de cette participation, annonçant leur refus d’y prendre part. Le communiqué a été signé par 14 dirigeants du bloc, parmi lesquels figurent notamment le président du bloc Jaafar Al-Mirghani, Gibril Ibrahim, Sayyid Tirik, Nabil Adib et Abdel Rahman Al-Sadiq Al-Mahdi.
Le porte-parole de « Somoud », Jaafar Hassan, a déclaré dans une publication sur Facebook : « Les consultations avec le Quintet sont terminées, et un accord a été trouvé sur tous les points qui faisaient l’objet de divergences. La délégation de Somoud se dirige maintenant vers Addis-Abeba pour assister à la réunion consultative ».
De son côté, le président du comité politique de l’alliance du Bloc démocratique, Minni Arko Minawi, a déclaré que le bloc s’est rendu aux réunions d’Addis-Abeba porteur d’une position politique basée sur sa vision de l’avenir du Soudan, de son unité et de sa stabilité, et non dans le but de rechercher des gains politiques immédiats, selon ses termes.
Il a ajouté, dans une publication sur Facebook, que « le dialogue soudanais doit être purement soudanais et se tenir à l’intérieur du Soudan, étant donné que les questions de la patrie ne peuvent être résolues que par la volonté de ses enfants, et que le rôle du mécanisme quintuple et de la communauté internationale doit être un rôle de soutien et de facilitation du dialogue, et non un substitut à celui-ci. De plus, le dialogue doit débuter par le traitement des grandes questions nationales à caractère constitutionnel, menant à l’élaboration des contours d’une constitution permanente et à la définition des cadres nécessaires pour la période de transition ».
Il a réaffirmé le rejet de tout compromis entre la paix et la justice, soulignant que le Bloc démocratique estime que le fait d’accorder à la milice des Forces de soutien rapide ou à l’alliance « Taasis » de quelconques privilèges politiques qui outrepassent les exigences de justice et de reddition de comptes représente une erreur politique et morale qui aura de graves répercussions sur l’avenir du processus politique.
Il a appelé le mécanisme quintuple à éviter toute démarche qui pourrait être interprétée comme une tentative de réhabiliter ces parties ou de leur accorder une légitimité politique au détriment des droits des victimes et des exigences de justice. Il a également affirmé que la décision de participation du Bloc démocratique aux réunions d’Addis-Abeba était une décision institutionnelle tranchée au sein de ses organes, expliquant que l’absence de ceux dont la présence a été empêchée pour des raisons privées ou en raison de divergences organisationnelles internes est une affaire qui les concerne personnellement, sans que cela n’affecte la position officielle du bloc ni ne l’exprime.